Le Medef veut subventionner les automobilistes, et pas les transports publics

T.G (avec AFP)
Publié le 26 janvier 2022 à 7h18
Le Medef veut subventionner les automobilistes, et pas les transports publics

Source : Eric PIERMONT / AFP

INFLATION - Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux propose une aide aux salariés pour faire leur plein d'essence à la place de la contribution aux transports en commun, pourtant moins énergivores.

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a proposé mardi de remplacer la contribution des entreprises au financement des transports en commun par une indemnité censé aider les salariés à payer leur plein d'essence. Interrogé sur le plateau de France 2 sur la hausse des prix de l'énergie, le patron des chefs d'entreprise a précisé qu'elle pourrait correspondre à "environ 300 euros par salarié et par an". 

Jusqu'à présent, le versement mobilité, qui concerne chaque entreprise de plus de 10 salariés, est reversée aux autorités organisatrices de transports (AOT) locales. En France, 45% des transports en commun sont financés ainsi. Dans un contexte de crise du financement des transports collectifs, l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), qui réunit les exploitants, a rappelé mardi son attachement au versement mobilité.

"C'est totalement contre-productif"

De nombreuses personnalités politiques, à gauche notamment, ont dénoncé l'idée, iconoclaste alors que la lutte contre le réchauffement climatique s'impose dans le débat public. "En plein pic de pollution, le Medef propose de supprimer le versement mobilité qui finance les transports en commun par un chèque essence. C'est totalement contre-productif : pour (le) climat, pour la baisse de la pollution, pour le pouvoir d'achat, a estimé Bruno Bernard, président (EELV) de la Métropole de Lyon, deuxième réseau de transports de France après l'Île-de-France, sur Twitter

La proposition fait partie d'un plan de baisse d'impôts tous azimuts publié ce lundi par le Medef en vue de la présidentielle. L'organisation patronale souhaite conditionner cette contribution "à l'existence d'un service de transport effectif délivré et financé par la collectivité, afin qu'il ne devienne pas une variable d'ajustement des budgets locaux" et réclame une "exonération proportionnelle à la part d'employés en télétravail qui prennent moins les transports en commun".

Le barème kilométrique réhaussé de 10%

"Des outils sont déjà à disposition des employeurs, et font l'objet d'exonérations d'impôts et de cotisations", a répondu le ministère des transports à l'AFP. 

En complément, le premier ministre Jean Castex a annoncé ce mardi que le barème de l'indemnité kilométrique versé par les employeurs à leurs salariés utilisant un véhicule personnel serait rehaussé de 10%, afin de "mieux tenir compte de la hausse réelle des prix supportés par ces ménages". 


T.G (avec AFP)

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