Livret A : une hausse attendue à plus de 3%

A. Lo. | Reportage TF1 Alison Tassin, Marie Ramaugé et Adam Mersi
Publié le 5 janvier 2023 à 19h43, mis à jour le 12 janvier 2023 à 10h32

Source : JT 13h Semaine

Le taux du livret A pourrait atteindre au moins 3% à partir du 1er février 2023.
Le gouverneur de la Banque de France s'est prononcé, mercredi, en faveur d'une "hausse significative".
Une revalorisation qui pourrait réduire un peu l'écart entre ce taux et celui de l'inflation.

On a l’habitude de dire qu’il est le placement préféré des Français. Après deux hausses successives en 2022, passant son rendement de 0,5% à 2% en quelques mois, la Banque de France devrait proposer ce vendredi 13 janvier un relèvement du taux du Livret A à plus de 3% en février. Interrogés dans les médias sur ce chiffre mercredi, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, et le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, ont tous les deux refusé de confirmer, renvoyant à la décision vendredi.

"Ce sera un chiffre que je déciderai sur la base de la recommandation du gouverneur", a déclaré le ministre sur France 2. Le gouverneur de l'institution, lui, a une nouvelle fois répété sur Radio Classique qu'"il y aura une hausse significative". Dès le 19 juillet dernier, il estimait que "selon toute probabilité (...) le mouvement de hausse du taux du Livret A se poursuivrait au 1er février de l'année prochaine".

Un placement pas si rentable sur le moyen terme

En prenant l’épargne moyenne d’un livret A, soit 6000 euros, le placement faisait gagner 30 euros en 2021. Avec cette nouvelle hausse, il pourrait rapporter 180 euros en 2024. Toujours souple, ce placement reste apprécié, car il est simple et exonéré d’impôts.

Pour autant, il n’est pas forcément le plus rentable dans un contexte économique marqué par l’inflation. "On voit qu’il y a quand même un décalage parce qu’aujourd’hui, on a une inflation à 6% et si le taux du livret A est à 3%, on peut dire que ça reste un placement non rentable sur le moyen terme", souligne l’économiste Stéphanie Villers dans le reportage TF1 en tête de cet article.

En effet, si le gouvernement prend en compte le taux d’inflation pour calculer la revalorisation du rendement du livret A, une réforme en février 2020 du ministre de l’Économie a mis fin au "plancher inflation", qui obligeait le taux du livret A d'être fixé à un niveau au moins égal à celui de l'indice des prix à la consommation. Par ailleurs, le nouveau mode de calcul retient la moyenne des taux d'intérêt monétaire à court terme et la moyenne de l'inflation sur les 6 derniers mois, et non par rapport au taux d'inflation actuel, comme c'était le cas précédemment.

D’autres produits bancaires, plus intéressants, existent néanmoins. Le livret d’épargne populaire par exemple, un produit d'épargne soumis à des conditions de ressources et dont le taux est actuellement fixé à 4,6%. Il devrait lui aussi voir son taux augmenter en février, pouvant atteindre les 6%, rattrapant par conséquent la hausse des prix. Le LEP est ainsi "le produit le plus intéressant pour les épargnants", soulignait en décembre François Villeroy de Galhau. Or si 18 millions de Français pourraient en profiter, ils ne sont que 7 millions à en détenir un.


A. Lo. | Reportage TF1 Alison Tassin, Marie Ramaugé et Adam Mersi

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