Énergie : une fin d'année sous le signe de la sobriété

Flambée des prix de l'énergie : "Nous ne vous laisserons pas tomber", promet Le Maire aux PME

Sébastie MASTRANDREAS
Publié le 5 octobre 2022 à 12h53
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Le ministre de l'Économie promet des "solutions ciblées et efficaces" aux entreprises étranglées par la flambée des prix de l'énergie.
Après une rencontre à Bercy avec les fournisseurs, ceux-ci ont signé une charte, avec des "engagements forts".
Bruno Le maire annonce également des "réponses financières de l'État".

En temps de crise, Bercy veut faire bloc avec les PME. Alors que les petites et moyennes entreprises sont touchées de plein fouet par la hausse du prix du gaz et de l'électricité, le ministre de l'Économie a reçu, ce mercredi 5 octobre, les fournisseurs d'énergie. Entouré de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, et de la ministre déléguée des PME, Olivia Grégoire, Bruno Le Maire a dévoilé, lors d'un point presse à l'issue de cette réunion, les nouveaux engagements des énergéticiens, et décliné le mécanisme qui sera mis en place par l'État pour contrer la hausse des prix. 

"Trop de cas inacceptables nous ont été remontés", a regretté le ministre de l'Économie, évoquant "des factures aux prix exorbitants" ou des "contrats révisés de façon unilatérale". Promettant d'apporter des "solutions ciblées et efficaces" aux entreprises que Bercy "ne laissera pas tomber", Bruno Le maire affiche un mot d'ordre clair : en finir avec les abus des fournisseurs, qui "seront exposés à des sanctions" le cas échéant. 

Une charte signée par les fournisseurs

Ces garanties passent notamment par une charte, que les énergéticiens (Total, EDF, Enedis...) ont signé avec le ministre ce mercredi. "Des engagements forts, qui doivent rassurer nos entrepreneurs", selon Bruno Le Maire. Ainsi, les fournisseurs s'engagent à proposer chacun "au moins une offre crédible à ses clients". Ils devront en outre prévenir leur client "deux mois avant le renouvellement de leur contrat" et formuler une offre "à une date et heure convenues à l'avance", afin de permettre aux clients "de choisir dans le respect de la concurrence". 

"De son côté, l’État va apporter des réponses financières" a abondé Bruno Le maire. En plus du bouclier tarifaire et du guichet de l'aide "gaz et électricité", qui comprend une enveloppe de trois milliards d'euros, pour toutes les entreprises, "nous avons demandé à ce que le montant de ces aides soit doublé", a-t-il poursuivi. Un dispositif qui "coûtera probablement plus que les trois milliards prévus", d'après le ministre. 

Dès lors, le gouvernement va mettre en place, dans le projet de loi de finance pour 2023, "le plafonnement du prix de l'électricité pour le producteur, à 180 euros le Mégawattheure" (MW), alors que le prix du marché est de 500 euros le MW - un prix "délirant" selon Bercy. Ce mécanisme permettra à l'État de "récupérer cette rente entre 180 et 500 euros", et qui lui rapportera entre "cinq milliards et sept milliards d'euros", selon Bruno Le Maire. De quoi "financer les aides importantes pour les entreprises en difficulté, mais aussi pour les collectivités territoriales", a-t-il promis. 

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De plus, l'État s'engage à se porter garant des entreprises fragilisées qui ne parviennent pas à trouver de fournisseur. Enfin, alors que les PME réclament un plafonnement des prix de l'énergie au niveau européen, Bruno Le Maire affirme travailler avec les États membres pour "découpler le prix du gaz et de l'électricité". "Tout le monde était contre il y a 14 mois, désormais cette porte est ouverte", s'est-il encore félicité. Si ce combat "prend du temps", cela "nous permettrait de faire baisser le prix du Mégawattheure jusqu'à 200 euros", a-t-il estimé. 


Sébastie MASTRANDREAS

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