La crise de l'énergie touche de plein fouet les entreprises françaises.
Mais certains secteurs, plus énergivores que d'autres, sont particulièrement fragilisés.

L'envolée des tarifs de l'énergie frappe de plein fouet l'économie française. Face à la crise, certaines entreprises ont déjà annoncé qu'elles allaient ralentir leur cadence de production, voir la suspendre, afin de limiter les coûts et de répondre aux exigences de sobriété de l'État. En effet, en accord avec le plan européen de sobriété énergétique, le gouvernement impose une réduction de 10% de la consommation d'énergie en France. 

La célèbre usine de verrerie Duralex a ainsi indiqué qu'elle allait fermer pour quatre mois à compter du 1er novembre, mettant ses 250 salariés en chômage partiel. La cristallerie Arc a également réduit la voilure depuis le 1er septembre, mettant en chômage partiel 1600 salariés sur 4600 et incitant ceux qui restent à travailler lors des heures creuses, où l'énergie coûte le moins cher. Quant aux petites et moyennes entreprises, 80 % disent craindre pour leur activité. Certains secteurs sont plus touchés que d'autres par cette crise. On fait le point.

La chimie et la métallurgie, les plus énergivores

Dans son enquête annuelle sur la consommation d’énergie dans l’industrie, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), calcule qu'en 2019, la consommation brute d'énergie de l'industrie française s'élevait à 35,4 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP, l'unité de mesure commune aux différentes énergies). Soit un cinquième de la consommation énergétique globale du pays, selon le distributeur Enedis. "Le secteur le plus énergivore est l’industrie chimique, suivi de la métallurgie et fabrication de produits métalliques", explique le rapport de l'Insee. "Alors que le premier consomme beaucoup de gaz et d’autres produits pétroliers, le second est plutôt utilisateur de combustibles minéraux solides (CMS)", précise-t-il. 

Si on s'intéresse strictement aux industries consommatrices de gaz et d'électricité, c'est celle de la chimie qui est la plus énergivore, avec une consommation annuelle de 2479 de TEP de gaz, et de 1721 de TEP d'électricité. Viennent ensuite l'agroalimentaire, l'industrie du caoutchouc plastique et des minéraux non métalliques et la métallurgie et produits métalliques, très gourmande en électricité (2235 TEP en électricité, 1343 TEP de gaz). Tout en bas du tableau, on retrouve les industries manufacturières et l'industrie du vêtement.

Les quatre premiers secteurs cités plus haut représentent en tout plus de 80% de la consommation totale d'énergie du tissu industriel français. Ils représentent en outre un important bassin d'emplois, l'industrie de la chimie comprenant environ 219.000 salariés pour près de 3300 entreprises, selon le ministère du Travail. Plus de 430.000 personnes sont employées dans les quelque 16.400 industries agroalimentaires. La métallurgie emploie, elle, plus de 100.000 personnes dans 4445 établissements.


Sébastie MASTRANDREAS

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