Flambée des prix de l'énergie : la zone euro attend une récession et des "mois difficiles" cet hiver

S.M avec AFP
Publié le 11 novembre 2022 à 16h16

Source : JT 20h WE

L'Europe va entrer en récession à la fin de l'année, et va subir une inflation plus forte que prévu, prévient Bruxelles.
En cause : la flambée des prix de l'énergie liée à la guerre en Ukraine.
L'Union européenne est en effet particulièrement touchée par le "choc de la guerre".

Bruxelles a encore assombri ses prévisions. L'Europe va entrer en récession à la fin de l'année, et va subir une inflation plus forte que prévu, a prévenu l'Union européenne ce vendredi 11 novembre. En cause : la flambée des prix de l'énergie liée à la guerre en Ukraine. "Nous avons des mois difficiles devant nous", a prévenu le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, en conférence de presse. 

Il a prédit une contraction de l'activité sur le dernier trimestre de cette année et le premier de 2023, et donc une "récession" à la fois pour l'UE, la zone euro et "la plupart des États membres". En conséquence, la progression du PIB l'an prochain a été fortement revue à la baisse, à seulement 0,3% pour les pays partageant la monnaie unique, contre 1,4% attendu jusqu'ici, même si un retour de la croissance est attendu au printemps.

"Choc de la guerre"

L'Europe est particulièrement touchée par les répercussions de l'invasion russe en l'Ukraine. Elle "fait partie des économies avancées les plus touchées, en raison de sa proximité géographique (...) et de sa forte dépendance aux importations de gaz en provenance de Russie", a souligné la Commission dans un communiqué. Si la reprise enregistrée depuis l'an passé, après la récession historique de 2020, a résisté jusqu'à cet été - la prévision de croissance pour 2022 s'élevant à 3,2% - "le choc de la guerre est en train de prendre le dessus", a constaté Paolo Gentiloni. 

L'inflation continue en effet de dépasser les prévisions : Bruxelles a revu l'indice à la hausse pour 2023, à 6,1%, contre 4% anticipé jusqu'alors ; et table désormais sur une inflation sur l'année 2022 à 8,5% contre 7,6% précédemment, l'indice de la hausse des prix devant atteindre un point haut fin 2022. En conséquence, une "forte érosion du pouvoir d'achat", faisant "chuter la confiance des consommateurs, comme celle des entreprises", a souligné le commissaire européen. 

En outre, les stocks de gaz apparaissent suffisants pour l'instant, mais l'arrêt quasi total des livraisons russes et la difficulté à compenser ce manque par des importations d'autres pays rendra la reconstitution des stocks plus difficiles pour l'hiver 2023/2024, a-t-il estimé. Si l'Europe échoue à se préparer correctement, les dégâts économiques pourraient être bien plus importants que prévu, a-t-il admis. Dans un scénario pessimiste, le PIB pourrait ainsi chuter de 0,9% en 2023 et l'inflation s'avérer bien plus persistante.  "L'incertitude reste exceptionnellement élevée" en raison de la guerre et pourrait conduire à des chiffres encore moins bons, a mis en garde Paolo Gentiloni. Reconnaissant qu'il existe un "risque de désindustrialisation" avec la hausse des coûts de l'énergie, il appelle les 27 à rester solidaires. 


S.M avec AFP

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