Confrontés à la forte hausse des coûts de production, les boulangers risquent d'augmenter le prix du pain.
Celui des viennoiseries pourrait lui aussi enregistrer une hausse dans quelques semaines.

Après l'essence, c'est un symbole français qui devrait subir les conséquences économiques du conflit russo-ukrainien. La baguette de pain, candidate pour entrer au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, devrait en effet s'acheter plus cher d'ici à quelques semaines dans les boulangeries de l'Hexagone. 

En cause : les cours du blé, déjà en forte augmentation ces deux dernières années, qui se sont envolés depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les deux pays faisant partie des plus gros producteurs de céréales. Sur Euronext, le blé s'échangeait ainsi ces derniers jours entre 360 et 380 euros la tonne sur l'échéance de mai, contre un peu moins de 200 euros un an plus tôt. Une hausse qui va inévitablement se répercuter sur le prix de la farine, et par extension sur celui du pain.

Le prix du croissant aussi concerné...

Si la farine ne représente en soi que 10 à 15 % du coût d’une baguette, les boulangers sont par ailleurs confrontés, outre cette hausse des cours du blé, des prix des carburants et de l’énergie, à la flambée d’autres matières premières telles que le beurre (jusqu’à 40 %) ou la poudre de lait (50 %). D'où la nécessité, pour certains professionnels, de rehausser le prix de leurs baguettes dans les prochaines semaines pour ne pas sacrifier leurs marges. "On parle d'une hausse de quelques centimes", souligne Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie pâtisserie française (CNBPF) auprès de BFMTV, une augmentation de dix à quinze centimes étant déjà évoquée. À titre de repère, une baguette classique était vendue 90 centimes d'euro en moyenne en 2021, selon les chiffres de l'Insee tandis que la baguette tradition s'achète généralement entre 1 euro et 1,50 euro.

Mais pour faire face à la forte hausse des coûts de production, d'autres produits boulangers et pâtissiers, à commencer par les viennoiseries, devraient également voir leur prix augmenter.

Publiés mi-mars, les premiers résultats des dernières enquêtes menées par l'Institut national de la statistique anticipaient déjà qu'au sein de l’alimentaire, les prix pourraient augmenter au cours du mois de 2,1% sur un an, comme en février. A l'instar du pain et de la farine, la hausse des prix des produits alimentaires hors frais, moins volatils et plus sensibles à l’augmentation des prix de production que les produits frais, devraient ainsi continuer d'accélérer, les pâtes étant, elles aussi, susceptibles d'enregistrer des hausses toujours plus importantes. 


Audrey LE GUELLEC

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