La flambée des prix de l'énergie

La guerre en Ukraine attise l'inflation, qui pourrait dépasser 4% en mars

Idèr Nabili
Publié le 16 mars 2022 à 19h17
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Selon l'Insee, l'inflation pourrait dépasser la barre des 4% en mars, puis accélérer encore au deuxième trimestre.
En cause, la hausse des prix de l'énergie et des matières premières en raison de la guerre en Ukraine.

Impossible de savoir combien de temps durera la guerre en Ukraine. Ni quelles seront ses conséquences à long terme sur l'économie française. Mais l'impact du conflit se fait déjà sentir. Il provoque un "choc de prix, d'incertitude et de confiance" pour les entreprises et les ménages français, estime ce mercredi l'Institut national de la statistique (Insee). En cause, notamment, l'inflation.

Un des effets immédiats est que "la guerre attise l'inflation" déjà existante, a confirmé Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l'Insee. Après avoir atteint 3,6% en février, un niveau inédit depuis 2008, mais contenu par le "bouclier tarifaire" mis en place par le gouvernement, l'Insee estime qu'elle dépassera les 4% en mars, puis oscillera autour de 4,5% durant le deuxième trimestre.

Vers une baisse du pouvoir d'achat et de la consommation ?

Un indicateur surtout tiré par les prix de l'énergie, des matières premières et alimentaires, qui pourrait encore être réajusté. La prévision annoncée ce mercredi repose en effet sur l'hypothèse d'un prix du baril de pétrole à 125 dollars, soit son niveau atteint au tout début du mois de mars, peu de temps après le début de l'invasion de l'Ukraine par les troupes de Vladimir Poutine. Mais son niveau a depuis reculé. Mardi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s'établissait en deçà de 100 dollars.

Insuffisant pour que les indicateurs repartent à la hausse. Selon l'Insee, la consommation des ménages est attendue en recul de 0,5% sur le premier trimestre 2022. Le pouvoir d'achat, directement touché par l'inflation, devrait reculer de 1,4%. L'Institut prévoit également un ralentissement de l'emploi salarié, avec 15.000 créations de postes attendues, contre plus de 35.000 lors de sa précédente prévision. Le taux de chômage devrait, lui, se stabiliser à 7,4% fin mars.

Lire aussi

Le conflit ukrainien n'est toutefois pas la seule incertitude planant sur l'économie française. Pas plus que les sanctions qui en découlent. L'épidémie de Covid-19 qui reprend de la vigueur en Chine - le nombre de cas est par ailleurs légèrement reparti à la hausse en France - pèse aussi sur les perspectives des marchés européens. Dès lors, l'Insee prévoit une croissance de 0,3% au premier trimestre, loin de la hausse de 0,7% du PIB constatée lors du dernier semestre 2021.


Idèr Nabili

Tout
TF1 Info