La flambée des prix de l'énergie

Guerre en Ukraine : pouvoir d'achat, gaz... ce que prévoit le "plan de résilience" du gouvernement

Idèr Nabili
Publié le 16 mars 2022 à 17h41, mis à jour le 16 mars 2022 à 22h00
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Source : JT 20h Semaine

Emmanuel Macron avait demandé à Jean Castex de préparer un "plan de résilience" pour faire face aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine sur les Français.
Le Premier ministre a présenté ce mercredi différentes mesures.
Remise carburants, aides pour les professionnels... Le point sur les annonces.

Face aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine, la France réagit. Devant la flambée des prix de l'énergie, le président de la République Emmanuel Macron avait demandé au Premier ministre Jean Castex de préparer un "plan de résilience économique et sociale" pour aider les entreprises et les ménages à faire face à l'inflation. Ce mercredi, le chef du gouvernement, accompagné des ministres concernés, a présenté plusieurs mesures de pouvoir d'achat.

Remise de 15 centimes par litre à la pompe

D'abord, la "remise carburants". À compter du 1er avril, le prix à la pompe sera réduit de 15 centimes par litre, avait déjà annoncé le gouvernement la semaine dernière, et ce pour une durée de quatre mois. Cette mesure concernera tous les Français, y compris certains professionnels de la route comme les taxis ou les transporteurs sanitaires, a précisé Jean Castex. Le Premier ministre a également annoncé que "ce dispositif sera étendu au gaz naturel véhicule et au GPL".

Toutefois, il appelle les distributeurs à mettre à leur tour la main à la poche pour réduire la facture. "J'attends que les distributeurs contribuent à ce dispositif pour aller au-delà des 15 centimes", a déclaré le chef du gouvernement. "Le groupe Total nous a déjà donné son accord de principe pour aller au-delà de l'effort de l'État."

Aides spécifiques pour les entreprises

Outre les ménages, le gouvernement entend aussi aider les entreprises. Toutes celles "dont les dépenses de gaz et d'électricité représentent une part élevée des charges, soit au moins 3% de leur chiffre d'affaires, et qui pourraient faire des pertes sur 2022 en raison du renchérissement de leurs dépenses en énergies" vont bénéficier d'une aide spécifique, a indiqué Jean Castex. La moitié du surplus de leurs dépenses énergétiques va être prise en charge, quelle que soit la taille et le secteur de l'entreprise.

Des aides en vigueur durant la crise sanitaire vont également faire leur retour. Il s'agit du prêt garanti par l'État, "dont le plafond d'emprunt va être relevé jusqu'à 35% du chiffre d'affaires, contre 25% aujourd'hui", des reports de charges fiscales et sociales "dont l'accès sera facilité pour les entreprises mises en difficulté", ou encore le recours à l'activité partielle. Ce dispositif sera prolongé de douze mois supplémentaires "pour les accords déjà signés" et à nouveau ouvert "pour les branches et entreprises non couvertes à date".

Cinq secteurs particulièrement soutenus

Le gouvernement souhaite aussi aider spécifiquement les secteurs les plus en difficulté. Les pêcheurs, particulièrement touchés par la hausse des carburants, pourront percevoir une "aide financière exceptionnelle équivalente à 35 centimes par litre de gazole de pêche" dès ce mercredi et jusqu'au 31 juillet. Les agriculteurs, qui font face à "l'envolée du coût de l'alimentation animale", vont également être soutenus. Une "aide transitoire sur une période de quatre mois va permettre de compenser les pertes des élevages", a assuré Jean Castex, précisant qu'un acompte "de 25% du remboursement" d'une taxe va être versée "pour améliorer la trésorerie des exploitations".

Pour le secteur du transport, le Premier ministre souhaite s'assurer que la "remise carburants" de 15 centimes "bénéficie également aux entreprises de transport", ce qui correspond à "une aide financière de près de 1500 euros sur le plein d'un camion sur quatre mois". Un complément d'aide, doté d'une enveloppe de 300 millions d'euros, va par ailleurs être discuté dans les prochains jours, tandis que le remboursement d'une taxe par l'État aux entreprises de transports "passera d'un rythme trimestriel à un rythme mensuel".

En outre, Jean Castex a appelé les acteurs publics à "ne pas appliquer les pénalités de retard" contre les entreprises du BTP "lorsque ce dernier est justifié par la prolongation d'un délai de livraison de la part d'un fournisseur à cause de la crise". Et promis un accompagnement personnalisé aux entreprises exportatrices vers la Russie, la Biélorussie ou l'Ukraine "pour trouver de nouveaux marchés", tandis que "deux dispositifs d'accompagnement" vont être réactivés.

Réduire notre dépendance à la Russie

Afin de limiter les conséquences économiques du conflit à plus long terme, la France va se fixer l'objectif de "sortir intégralement du gaz et du pétrole russe d'ici 2027". À court terme, l'exécutif entend "sécuriser notre approvisionnement en gaz pour l'hiver 2022/2023", "augmenter nos capacités d'importation en gaz naturel liquéfié", "accélérer le développement des énergies renouvelables", mais demande aussi "d'économiser l'énergie le plus possible, à chaque fois que l'opportunité se présente".

Le gouvernement va également subventionner les entreprises pour les aider à moins dépendre de certaines matières premières critiques venant de Russie comme le titane, le palladium ou le néon, a annoncé le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui a pris la parole peu après Jean Castex. Un appel à projets va être lancé "pour subventionner jusqu'à la fin de l'année, à hauteur de 15% pour les grands groupes et 35 % pour les petites entreprises, les projets qui permettraient de réduire la dépendance aux produits venus de Russie", a-t-il déclaré.

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Jean Castex a enfin précisé que ce plan de résilience était "évolutif", "parce que la situation l'est, que les sanctions et les contre-sanctions le sont aussi". "Il s'agit d'une première réponse qu'il va très probablement falloir faire évoluer dans le temps", a-t-il insisté.


Idèr Nabili

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