Invasion russe en Ukraine : Poutine refuse de céder

TotalEnergies renonce au pétrole russe : quelles conséquences pour le groupe ?

Charlotte Anglade
Publié le 23 mars 2022 à 15h50
JT Perso

Source : TF1 Info

TotalEnergies a annoncé mardi soir finalement renoncer au pétrole russe, après avoir été sous le feu de la critique pendant plusieurs semaines.
Sur RTL ce mercredi matin, le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a expliqué que cette décision a été faite grâce à l'existence d'alternatives.
Il a de plus affirmé qu'il n'y a "pas de futur de croissance en Russie pour TotalEnergies".

TotalEnergies arrêtera tout achat de pétrole et de produits pétroliers russes "au plus tard à la fin de l'année 2022". "Compte tenu de l'aggravation de la situation en Ukraine et de l'existence de sources alternatives pour approvisionner l'Europe, TotalEnergies prend unilatéralement la décision de ne plus conclure ou renouveler des contrats d'achat de pétrole et de produits pétroliers russes", a écrit mardi soir le groupe français dans un communiqué.

Outre sa volonté de "suspendre progressivement ses activités en Russie", TotalEnergies, critiqué pour ne pas avoir quitté le pays de Vladimir Poutine après le début de la guerre en Ukraine, s'engage à "ne plus apporter de capital pour le développement de projets en Russie", "ne pas transférer indûment de la valeur à des intérêts russes en se retirant des actifs", ou encore à "contribuer à assurer la sécurité de l'approvisionnement énergétique du continent européen". Pour autant, ce désengagement est-il lourd de conséquence pour le groupe ?

Une réorganisation de la distribution du pétrole opérée par Total, en concertation avec les gouvernements

"Pour nous, la question était de savoir si l'on pouvait remplacer ce pétrole russe", explique ce mercredi sur RTL Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies. Ce dernier dit avoir trouvé des solutions, en concertation avec le gouvernement allemand, pour continuer à alimenter des raffineries en Allemagne de l'Est. Est notamment concernée la raffinerie allemande de TotalEnergies à Leuna, qui est alimentée par l'oléoduc russe Droujba et dont les contrats d'approvisionnement courent jusqu'au 31 décembre 2022.

Concernant la France, dont 30% du diesel est importé de Russie, le PDG a pris la décision de puiser dans ses raffineries saoudiennes, notamment dans la raffinerie Satorp, dont le groupe est actionnaire aux côtés d'Aramco. "Au lieu d'envoyer ce diesel en Asie, nous l'enverrons en France pour assurer l'approvisionnement", dit-il.

Il n'y a pas de futur de croissance en Russie pour TotalEnergies.

Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies

À écouter Patrick Pouyanné, cette décision ne va quasiment pas affecter l'équilibre du groupe, et pourrait même le consolider. "La Russie, c'était 5% de notre cashflow et 10% de nos résultats. Ce sont des réserves importantes, mais elles ne rapportent pas beaucoup d'argent", assure-t-il. De plus, "depuis que Poutine a décidé d'envahir l'Ukraine, il n'y a pas de futur de croissance en Russie pour TotalEnergies", ajoute-t-il.

Lire aussi

TotalEnergies campe sur ses positions pour le gaz russe

En revanche, le groupe maintient sa position pour le gaz, pour lequel il assure aujourd'hui n'avoir aucune alternative. "Si nous arrêtons le gaz russe, nous savons que nous aurons un problème à l'hiver prochain : en janvier 2023, il faudra rationner l'utilisation du gaz pour les industriels en Europe", atteste Patrick Pouyanné.

De plus, indique le PDG de TotalEnergies, qui possède une part de 20 % au capital du gazier russe Novatek, ainsi que ses participations minoritaires directes dans les usines de gaz naturel liquéfié sibériennes de Yamal (20 %) et Arctic LNG 2 (10 %), arrêter ces contrats reviendrait à reverser "des milliards" à la Russie. "Il s'agit de contrats de long terme et on ne sait pas arrêter ce type de contrat, sauf si les gouvernements décident des sanctions qui font que je pourrais exercer 'la force majeure'. (...) Me retirer de moi-même reviendrait à enrichir ceux contre qui on applique des sanctions", dit-il en faisant allusion aux indemnités de rupture de contrats dont il faudrait s'acquitter.


Charlotte Anglade

Tout
TF1 Info