Ukraine : une guerre qui dure

Guerre en Ukraine : sous la menace d'un embargo, que pèse l'or russe sur le marché mondial ?

LC. avec l'AFP
Publié le 27 juin 2022 à 16h11, mis à jour le 27 juin 2022 à 16h50
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les grandes puissances du G7 veulent interdire l'importation d'or en provenance de Russie.
Cette sanction sera annoncée dès mardi dans le cadre du sommet international.
Selon les États-Unis, cette sanction privera Moscou de 19 milliards de dollars de recettes.

Après le pétrole, c'est au tour de l'or d'être menacé par un embargo. Dimanche, les grandes puissances du G7 ont annoncé leur intention de bannir les importations du métal précieux russe. En attendant leur déclaration officielle, certains ont pris les devants : Washington, Londres, Ottawa et Tokyo ont d'ores et déjà acté la mesure sur l'or nouvellement extrait dans le pays. De quoi priver la Russie de "19 milliards de dollars par an", selon le secrétaire d'État américain, Antony Blinken.

"Cette décision frappera directement les oligarques russes et s'attaquera au cœur de la machine de guerre de Poutine", a ajouté Boris Johnson, le Premier ministre britannique, souhaitant "affamer" le pouvoir russe. Mais la mesure est-elle réellement significative ? 

Le deuxième producteur mondial

En 2021, la Russie était classée comme le deuxième producteur aurifère mondial, derrière la Chine et devant l'Australie, indique le Conseil mondial de l'or (WGC). Cette année, ses exportations ont représenté près de 15 milliards d'euros, soit 5 % du marché mondial selon Washington et Londres. Et le métal précieux est le deuxième produit exporté, après les énergies, par Moscou, qui le vend à 90 % vers les pays du G7, dont une grande partie vers le Royaume-Uni.

Quatre mois après le début de son invasion en Ukraine, l'embargo sur l'or permettrait alors d'isoler la Russie un peu plus du système financier international. Mais certains observateurs restent quelque peu dubitatifs sur l'effet de la mesure. Car si le pays de Vladimir Poutine est l'un des principaux producteurs du métal, ses exportations varient à la baisse depuis 2014 pour limiter le gel de ses avoirs par les Occidentaux. Avant 2019, "les exportations ont ainsi baissé de 20 milliards de dollars à 10 milliards de dollars", rapporte l'économiste Elina Ribakova sur Twitter.

À Londres, plusieurs fondeurs n'ont d'ailleurs pas attendu l'embargo pour mettre le métal russe de côté pour fabriquer leurs lingots. Devant cette hostilité, la banque centrale de Russie a donc dû se tourner vers son marché intérieur dès le mois de mars. Le Kremlin a également décidé de supprimer la TVA sur l'achat du métal précieux pour encourager les particuliers à s'en procurer.

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"Pour le moment donc, la Russie, qui croule sous les devises étrangères grâce au pétrole, n'a pas besoin de vendre son or, mais cela pourrait être le cas à l'avenir", avance l'économiste de l'Institut de la Finance Internationale. 


LC. avec l'AFP

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