"C'est la panique générale" : les ventes d'huîtres en chute libre, la filière désespère

par A. Lo. avec AFP
Publié le 31 décembre 2023 à 17h23

Source : JT 20h WE

Des huîtres provenant de certaines zones ont été temporairement interdites suite à des cas d'intoxications.
Mais cette alerte a eu des répercussions sur les ventes de toutes les huîtres, quel que soit leur lieu de production.
La filière s'inquiète, alors que la période du Nouvel An représente une partie importante de leurs ventes.

Le manque à gagner risque d'être important. Suite à l'interdiction temporaire de ventes d'huîtres provenant de quelques sites de la côte Ouest, le président de la fédération nationale de la conchyliculture, Philippe Le Gal, a alerté sur l'impact que cette mesure a eu sur la vente du reste de la production française. "Les gens n'achètent plus", s'est-il désespéré auprès de l'AFP, alors que les fêtes de fin d'année sont habituellement une des principales périodes de consommation du coquillage.

De possibles "aides complémentaires"

"C'est catastrophique, c'est la panique générale, alors qu'on n'est même pas à 10% de zones contaminées en France" par rapport à la totalité de la production nationale, a réagi Philippe Le Gal. Les zones de production dont la commercialisation est interdite depuis la fin de semaine sur décision préfectorale sont situées notamment dans le bassin d'Arcachon (Gironde) ainsi que sur deux secteurs très limités du Calvados et de la Manche.

Or, cette alerte, suite à des cas d'intoxications, a inquiété les consommateurs, selon le président de la filière, donnant son propre exemple. "Mes huîtres étaient en vente dimanche matin sur quatre marchés, un dans le Lot, un en Corrèze et deux dans le Morbihan" où il est installé. "On n'a rien vendu du tout", a-t-il déploré, estimant à "à peine 10%" les ventes réalisées pour une journée de Réveillon.

"Les gens n'achètent plus, on leur raconte tellement de bêtises, on leur fait peur", a-t-il estimé. "Le mal est fait, la confiance est rompue" avec les consommateurs, a-t-il craint. "Les gens pensent que nos huîtres sont mauvaises, alors qu'elles sont bonnes, et que le problème vient des stations d'épuration et pas de notre production", a-t-il encore souligné.

"Ces interdictions temporaires ne sont pas du tout liées au travail des conchyliculteurs. Elles sont liées à des virus, pas à la qualité des huîtres", a de son côté confirmé le secrétaire d'État à la mer, Hervé Berville, dans un entretien publié ce dimanche 31 décembre dans le quotidien Ouest-France. En plus d'un travail sur le traitement des eaux usées avec les communes, il a promis que des "aides complémentaires" allaient être examinées pour soutenir les producteurs quand le bilan des pertes de chiffre d'affaires aura été établi. "Notre but est de protéger les consommateurs, de rassurer les Français sur les autres huîtres, mais aussi de faire ce suivi", a ajouté Hervé Berville.


A. Lo. avec AFP

Tout
TF1 Info