Les Français face à la pénurie de carburants

VIDÉO - Impôts, bénéfices, dividendes... Combien pèse vraiment TotalEnergies ?

F.R | Reportage TF1 Fabien Chadeau, David Pirès
Publié le 14 octobre 2022 à 9h31
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Source : JT 20h Semaine

Les raffineries du géant pétrolier et gazier TotalEnergies sont touchées par une grève depuis plusieurs jours en France.
Parmi les motifs avancés par les grévistes, les importants bénéfices engrangés par le groupe.
Combien pèse-t-il vraiment ?

Touché en France par une grève dans ses raffineries depuis 17 jours, le géant pétrolier et gazier TotalEnergies a annoncé jeudi qu'il comptait distribuer "à l'ensemble de (ses) salariés dans le monde" une prime équivalent à un mois de salaire. Un "bonus exceptionnel" qui sera versé en décembre "sous réserve d'accords salariaux" dans les pays et filiales concernés et sera "plafonné pour les salaires élevés", a précisé le groupe. 

TotalEnergies propose également d'augmenter ses salariés français de 6% en 2023. Alors que les syndicats et le groupe se sont mis autour de la table des négociations ce jeudi soir, les grévistes réclament une hausse des salaires, mettant en avant les bénéfices exceptionnels du géant. Mais combien pèse vraiment TotalEnergies ?

14 milliards de bénéfices en 2021

TotalEnergies est l'un des groupes à la plus grosse capitalisation boursière en France. Avec 134 milliards d'euros, il se place en troisième place, derrière LVMH (310 milliards) et L'Oréal (172 milliards) et devant Hermès (132 milliards). Présent dans plus de 130 pays, le groupe emploie 100.000 salariés dans le monde entier, dont 35.000 en France. Dans l'Hexagone, le groupe, dirigé par Patrick Pouyanné, possède 3500 stations-service, cinq raffineries et a des millions de clients pour la fourniture de gaz et d’électricité. 

Les remises à la pompe seront-elles prolongées ?Source : JT 20h Semaine

En 2021, le groupe a fait 16 milliards de dollars de bénéfices, soit environ 14 milliards d'euros. Mais, en France, TotalEnergies n'a pas engrangé de bénéfices, car le raffinage, sa principale activité dans l'Hexagone, est en perte de vitesse. En 2022, le géant pétrolier et gazier a toutefois engrangé d'énormes bénéfices : le groupe français a plus que doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, à 5,7 milliards de dollars, contre 2,2 milliards lors du même trimestre en 2021. 

Au premier trimestre 2022, le groupe avait enregistré 4,9 milliards de bénéfices.  Des profits qui sont au plus haut depuis au moins quinze ans, après une perte de 7,2 milliards de dollars (environ 6,1 milliards d'euros) en 2020 en raison de la crise du Covid-19. Comme tous les grands groupes, TotalEnergies distribue des dividendes à ses actionnaires : près de 7 milliards d'euros en 2021.

Taxe sur les énergéticiens

En 2021, TotalEnergies a payé 16 milliards d'euros d'impôts dans le monde. En France, il s'est acquitté de 850 millions de taxes de production, mais d'aucun impôt sur le bénéfice, puisque le groupe est en perte. "C'est la loi, ou plutôt les conventions fiscales que la France a signé avec plus d'une centaine de pays qui prévoient qu'un impôt ou un revenu ne peut pas être taxé deux fois, dans deux pays différents", explique François Lenglet, spécialiste économie de TF1, dans la vidéo du 20H en tête de cet article.

Les Vingt-Sept sont tombés d'accord le 30 septembre dernier pour taxer les "superprofits" des producteurs d'énergie. Un accord qui prévoit un plafonnement des revenus des producteurs d'électricité issue du nucléaire et des renouvelables, lesquels ont décollé du seul fait du lien entre le prix de l'électricité et celui du gaz et du charbon. Les pays européens pourront collecter les recettes au-dessus de ce plafond pour soutenir les consommateurs. Un autre volet de l'accord prévoit "une contribution" des producteurs et distributeurs de gaz, charbon et pétrole, fixée à 33% des bénéfices supérieurs de plus de 20% à la moyenne des années 2019-2021.

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Mais à l'Assemblée nationale, où l'examen du projet de budget 2023 a commencé lundi, les députés veulent aller plus loin, contre l'avis du gouvernement :  un amendement a été adopté mercredi, visant à dissuader les grandes entreprises de distribuer des résultats exceptionnels en "superdividendes", par le biais d'une majoration temporaire d'une taxe. Un amendement qui ne devrait cependant pas tenir, le gouvernement n'ayant pas exclu de faire usage du 49-3 pour faire passer la loi.


F.R | Reportage TF1 Fabien Chadeau, David Pirès

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