Industrie : Vallourec supprime près de 3000 postes, dont 320 en France

LC. avec l'AFP
Publié le 19 mai 2022 à 10h32
Industrie : Vallourec supprime près de 3000 postes, dont 320 en France

Le fabricant de tubes pour l'industrie de l'énergie Vallourec annonce la suppression de quelque 3000 postes partout dans le monde, soit près d'un cinquième de son effectif.
En France, 320 postes seront concernés, dont une grande partie dans le nord de l'Hexagone.

À peine nommée à Matignon, Elisabeth Borne est déjà confrontée à son premier plan social. Dans un communiqué publié ce mercredi 18 avril, le fabricant français de tubes sans soudure Vallourec a annoncé la suppression d'environ 2950 postes dans le monde, dont 320 en France. Le groupe a expliqué sa réduction d'effectifs de près de "2400 postes" par la fermeture de ses sites allemands, auxquels s'ajoute une réduction de "550 postes" dans des fonctions support.

Des départs dès fin 2022

Mi-novembre, à la sortie d'un long processus de restructuration financière, Vallourec avait donné la première alerte en mettant en vente ses activités allemandes et en annonçant l'arrêt de la fabrication en Europe de tubes pour l'industrie. Faute de repreneur "crédible", l'entreprise se voit aujourd'hui contrainte de fermer les sites à la vente, "entraînant une rationalisation supplémentaire des autres actifs européens", ajoute le groupe qui prévoyait le transfert d'une partie de ses activités au Brésil.

Sur les 550 postes supprimés, en-dehors de l'Allemagne, 70 sont en Écosse, et 320 en France, "dont 65 au siège" de Meudon (Hauts-de-Seine), a détaillé le PDG du groupe, nommé il y a deux mois, Philippe Guillemot, lors d'une conférence téléphonique. Dans le nord de la France, quelque 250 postes seront supprimés : un peu moins d'une centaine sur le site de Saint-Saulve, autant sur le site d'Aulnoye-Aymeries (Nord), "et le solde sur le centre de services partagés que nous avons à Valenciennes", a précisé le patron.

Concernant le calendrier, "on est dans des discussions qui prennent le temps qu'elles doivent prendre dans les pays dans lesquels on opère", a-t-il répondu prudemment, tablant sur des départs à compter de fin 2022. Ils s'étaleront "sur toute l'année 2023, en particulier sur l'Allemagne", puisque ce pays va continuer à produire aussi longtemps que les volumes qui sont faits en Allemagne ne sont pas transférés au Brésil, a ajouté Philippe Guillemot. Mais "c'est une étape nécessaire et pour ne pas dire vitale", pour ne pas replonger dans les graves difficultés financières de ces dernières années, selon lui.

La réaction de Bercy

"Nous demandons à Vallourec que les conséquences du plan sur les activités françaises soient minimisées et nous exigeons un maintien et un renforcement du pôle de forge, filetage, recherche et développement d'Aulnoye-Aymeries (Nord)" a aussitôt réagi Bercy après l'annonce. Depuis la dernière restructuration du groupe en 2021, l'État contrôle encore 2,3% du capital de Vallourec via la Banque publique d'investissement (BPI).

Le PDG du groupe a assuré sa volonté de permettre "le reclassement de nos collaborateurs dans un emploi hors du groupe quand ça devra être le cas", sans toutefois détailler l'enveloppe prévue. "On a déjà des solutions pour un tiers des postes supprimés en France, entre les retraites, les préretraites et les reclassements internes", a-t-il indiqué.

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Pour le président LR de la région Ile-de-France, Xavier Bertrand, "la politique continue d'abandon du groupe de ses activités industrielles en France n'est pas acceptable" a-t-il écrit sur Twitter. Il a précisé avoir obtenu du PDG "une réunion en urgence" ce vendredi avec les représentants des salariés, élus locaux et direction.


LC. avec l'AFP

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