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Flambée des prix de l'énergie : un "choc" absorbé en grande partie par l'Etat en 2022

par Sébastie MASTRANDREAS
Publié le 8 décembre 2022 à 12h14
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

La crise de l'énergie pèse dans le commerce extérieur de la France, dont les prix des importations grimpent plus vite que ceux des exportations.
Un choc énergétique que le Trésor chiffre à 85 milliards d'euros de pertes en 2022.
L'État assume plus de la moitié de cette facture (52%), grâce aux mesures de soutien déployées.

Qui dit hausse des prix de l'énergie, dit perte de revenu réel pour la France, et donc du pouvoir d'achat de la nation. Alors que les prix du gaz et de l'électricité flambent depuis des mois, sur fond d'invasion russe en Ukraine lancée, le commerce extérieur de la France, importatrice d'hydrocarbures, n'a pas été épargné. Dans ce contexte, les prix de ses importations ont en effet grimpé plus vite que ceux de ses exportations. 

Un choc commercial qui se chiffrerait à 85 milliards d'euros en 2022, soit environ 3 points de produit intérieur brut (PIB), par rapport à 2019, selon une note de la direction générale du Trésor, publiée mercredi 7 décembre. Une estimation à la hausse, les Douanes françaises ayant, elles, plutôt mesuré des pertes de l'ordre de 2,5 points de PIB, précise l'institution, mais qui illustre l'ampleur du "choc énergétique" subi par la France. 

Dans sa note, le Trésor détaille comment se réparti cette perte, entre l'État, les entreprises et les ménages, avant et après les mesures de soutien déployées par l'exécutif. 

L'État absorbe 52% des pertes

Entre le bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité, la ristourne sur les carburants ou les divers chèques d'aide, les dispositifs déployés par l'État à destination des entreprises et des ménages ont changé la donne dans la répartition du choc énergétique, observe le Trésor. L'institution estime ainsi qu'avec ces aides, l'État a absorbé 52% des pertes de revenu réel liées à la crise énergétique, soit 44 milliards d'euros. Sans ces aides, il n'aurait assumé "que" 3 milliards d'euros, explique l'institution. 

Quant aux ménages, ils supporteraient 6% des pertes restantes estimées, soit 5 milliards d'euros. Un chiffre qui aurait atteint 32 milliards sans les aides. Et les entreprises assumeraient de leur côté 42 % de la note, soit 36 milliards d'euros (contre 50 milliards si elles ne bénéficiaient pas des aides). 

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"Ces mesures de soutien ont été efficaces pour contenir l'inflation en France", note le Trésor, qui salue l'importance de "préserver le pouvoir d'achat des ménages et le tissu productif". Ces aides "doivent cependant être complétées par des mesures de sobriété efficaces pour ne pas bloquer l'ajustement de la consommation d'énergie" prévient l'institution. Cette dernière rappelle que ces mesures de soutien sont financées par endettement, reportant "le coût de la facture énergétique sur les générations suivantes. Si un lissage dans le temps est justifié vu l'ampleur du choc, la compensation ne peut être permanente" avertit-elle enfin. 


Sébastie MASTRANDREAS

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