Guerre en Ukraine : un séisme pour l'économie mondiale

Courses : "Pas de risque de pénurie" mais "5 à 8%" de hausse à prévoir, selon le patron de Lidl

F.R
Publié le 3 avril 2022 à 10h44, mis à jour le 3 avril 2022 à 10h57
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Source : TF1 Info

Le directeur exécutif achats et marketing de Lidl France a accordé une interview au "Parisien".
Michel Biéro assure qu'il y a pas de risque de pénurie, et appelle les consommateurs à ne pas surstocker.
Ces derniers doivent toutefois s'attendre à des hausses de prix.

Pas de pénurie de produits alimentaires, mais une hausse de prix généralisée sur les produits cette année. Michel Biéro, directeur exécutif achats et marketing de Lidl France, a décrit ce qui attend les Français au niveau de leur facture au supermarché, conséquence notamment de la guerre en Ukraine, dans une interview accordée au Parisien et publiée ce samedi 2 avril.

Assurant qu'il "n'y pas de risque de pénurie pour l’heure, sur aucun produit", il appelle les consommateurs à ne pas "surstocker", ce qui ne "ferait qu’aggraver la situation". "Je suis sûr que certains consommateurs ont encore dans leurs placards des pâtes périmées achetées lors du premier confinement de mars 2020 !", souligne-t-il.

Certains produits sont toutefois en flux tendu, comme l'huile de tournesol. "Nous avons une couverture sur l’huile de tournesol jusqu’à fin avril, qui correspond aux quantités commandées sur un an entre avril 2021 et avril 2022. Ce volume-là s’épuise un peu plus vite que prévu, car certains consommateurs font des stocks", explique-t-il. Pour pallier un éventuel manque, des "dizaines de millions de bouteilles" arriveront dès la "mi-avril".

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Les poulets et les œufs représentent également un sujet d'inquiétude. "Dans ces deux cas, 80% du prix de production est lié à l’alimentation de l’animal, des graines. Or, l’Ukraine était le grenier de l’Europe", détaille Michel Biéro. L'Ukraine est en effet le plus gros producteur de poulets au monde. "L’ensemble du marché européen se tend, et cherche d’autres sources d’approvisionnement", assure-t-il. Par rapport aux œufs s'ajoute également la problématique de la grippe aviaire, "qui décime 5 à 10 élevages par jour en France".

Une inflation sur l'alimentaire autour de "5 à 8%"

Pour la patron de Lidl, qui avait estimé en janvier que "l'inflation serait de 3 à 3,5% au premier semestre 2022", il penche désormais plutôt pour une hausse deux fois plus importante dans l'alimentaire, "aux alentours de 5 à 8%". "Certes, c’est beaucoup, notamment pour les familles aux revenus très modestes, mais nous ne sommes pas dans la même problématique pour le pouvoir d’achat que l’envolée du gaz ou du carburant", tempère-t-il.

Et de souligner que certaines hausses de prix, "comme celles sur les pâtes ou le carton, avaient commencé bien avant la guerre en Ukraine".


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