Le groupe de prêt-à-porter français Burton of London, en procédure de sauvegarde depuis octobre dernier, va baisser le rideau de 26 de ses 109 magasins ce samedi.
Trois points de vente ont d'ores et déjà été fermés, selon une source syndicale.
Au total, 221 salariés pourraient perdre leur emploi.

Depuis des semaines, les noms des enseignes fragilisées s'enchaînent les uns après les autres. La crise qui touche l'habillement a fait une nouvelle victime : la chaîne française de magasins Burton of London ferme, ce samedi 25 février, 26 de ses 109 points de vente, "un maximum" de 221 emplois sur 441 étant potentiellement menacés. 

Au total, "26 magasins Burton vont fermer dès demain samedi" dont ceux d'Aix-en-Provence, Clermont-Ferrand, la Roche-sur-Yon, Créteil, Montauban ou encore Paris Montparnasse, a indiqué vendredi à l'AFP Anne-Marie Da Costa, déléguée syndicale de la CFTC, qui précise que "trois magasins ont déjà été fermés". Le syndicat, majoritaire au sein de la chaîne, ajoute que selon le plan de sauvegarde de l'emploi, homologué il y a quelques jours auprès de la Drieets (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités), "221 salariés sur 441 vont être licenciés", "62 magasins vont être fermés ou cédés, et 47 seulement resteront ouverts".

"On sera plus proche de 110 ou 120" licenciements

Initialement filiale française d'une marque anglaise fondée en 1904, le groupe avait été racheté pour un euro symbolique fin 2020 par l'entrepreneur Thierry Le Guénic. Celle qui se définit comme "la plus anglaise des marques françaises" avait été placée en procédure de sauvegarde en octobre dernier. 

Dans un communiqué, la CFTC dit "s'inquiéter pour les emplois restants et la vente future des magasins", dénonçant "une véritable casse sociale, d'autant que le plan de sauvegarde de l'emploi prévoit des mesures sociales très faibles voire déplorables, alors que le dirigeant est détenteur de plusieurs entreprises avec des moyens colossaux".

De son côté, Thierry Le Guénic, actionnaire majoritaire, a indiqué à l'AFP que l'entreprise avait "été mise en sauvegarde afin de créer un nouveau projet pour Burton, qui passe par le fait qu'on doit rentabiliser l'entreprise". Même si la crise du Covid a pesé, "les origines des difficultés sont antérieures, selon lui. Les 26 magasins qui ferment samedi au public sont des magasins qui depuis dix ans ne sont pas rentables, on ne peut pas les garder".

Il assure que le chiffre de 221 licenciements pour 441 salariés "c'est le maximum du maximum, mais je pense qu'on sera plus proche de 110 ou 120" grâce aux cessions de magasins, "pour moi la priorité est de les céder avec reprise du personnel", a-t-il affirmé. "Il y a déjà deux ou trois dossiers sur lesquels nous avons des accords, qui reprennent tout ou une partie du personnel", a indiqué pour sa part à l'AFP Charles-Henri Carboni, un des administrateurs judiciaires en charge du dossier.

"Recentrer sur l'homme" et "accueillir d'autres marques"

Dans les 47 points de vente que Burton of London ne ferme pas ou ne cherche pas à céder, les collections pour femme vont disparaître pour se "recentrer sur l'homme", et les points de vente "accueilleront d'autres marques" de vêtements pour homme. Trois magasins - Colmar, Rouen et Chartres- seront les premiers à tester ce concept de magasin multimarques. "On va changer le modèle économique" car "si on fait la même chose, on va avoir le même résultat", abonde Thierry Le Guénic.

Entre les enseignes André, Camaïeu, San Marina, Kookaï ou encore Gap France, le prêt-à-porter français connaît actuellement une succession de liquidations et redressements judiciaires, en raison de la crise sanitaire, mais aussi de la concurrence de la vente en ligne et du marché de la seconde main.


M.L avec AFP

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