Guerre en Ukraine : un séisme pour l'économie mondiale

La guerre en Ukraine cause le plus grand choc sur les matières premières depuis les années 1970

Matthieu DELACHARLERY
Publié le 27 avril 2022 à 12h42
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Source : JT 20h Semaine

La guerre en Ukraine a un impact majeur sur les marchés des produits de base.
La Banque mondiale prévoit des prix historiquement élevés jusqu’en 2024.

"Il s'agit du plus grand choc sur les produits de base que nous ayons connu depuis les années 1970" : la Banque mondiale estime, dans un rapport paru ce mardi 26 avril, que les prix alimentaires et de l'énergie vont se maintenir à des niveaux historiquement élevés pendant plusieurs années. "La guerre en Ukraine a provoqué un choc majeur sur les marchés des produits de base et modifié la physionomie des échanges, de la production et de la consommation dans le monde", écrit l'institution dans la dernière édition de son rapport Commodity Markets Outlook.

Les analystes de la Banque mondiale estiment que les prix des produits de base resteront élevés jusqu’à la fin de 2024. La hausse des prix de l'énergie au cours des deux dernières années a été la plus importante depuis la crise pétrolière de 1973, soulignent-ils. Quant à la hausse des prix des matières premières alimentaires, dont la Russie et l'Ukraine sont de grands producteurs, elle n'a jamais été aussi forte depuis 2008.  C'est aussi le cas pour la hausse des prix des engrais, dont la production dépend du gaz naturel, souligne l'institution dans son communiqué.

17h15 EMMANUEL MACRON 6 " Nous sommes en train de rentrer dans une crise alimentaire"Source : Sujet JT LCI
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La Banque mondiale anticipe ainsi une hausse de plus de 50% cette année pour les prix de l'énergie, avant une baisse en 2023 et 2024. Les prix des biens non-énergétiques, comme les produits agricoles et les métaux, devraient eux augmenter de près de 20% en 2022, puis diminuer également au cours des années suivantes. "Cependant, les prix des produits de base devraient rester bien supérieurs à la moyenne des cinq dernières années et, en cas de guerre prolongée ou de nouvelles sanctions contre la Russie, ils pourraient devenir encore plus élevés et plus volatils que ce qui est actuellement prévu", avertit également la Banque mondiale.

Selon ses prévisions, le cours du pétrole brut devrait atteindre une moyenne de 100 dollars le baril en 2022, ce qui correspond à son plus haut niveau depuis 2013 - et à une augmentation de plus de 40 % par rapport à 2021. Il devrait baisser à 92 dollars en 2023, ce qui sera bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans de 60 dollars le baril. Les cours du gaz naturel (européen) devraient être deux fois plus élevés en 2022 qu’en 2021, tandis que les prix du charbon devraient être 80 % plus élevés, soit des sommets historiques dans les deux cas. Les prix des métaux devraient pour leur part progresser de 16 % en 2022 avant de s’atténuer en 2023, mais en se maintenant à des niveaux élevés. Les cours du blé devraient eux augmenter de plus de 40 %.

Un coût humain et économique considérable

La Banque mondiale dans son rapport

L'institution rappelle, en outre, que ces hausses de prix ont aussi "un coût humain et économique considérable", et s'inquiète de l'impact de cette crise en matière de réduction de la pauvreté. Et pour cause. Pour la première fois depuis plus de 20 ans, le taux mondial d'extrême pauvreté a augmenté en 2020, sous l’effet des conséquences aggravantes de la pandémie de Covid-19 sur la réduction de la pauvreté, déjà freinée par les conflits et le changement climatique. Selon la Banque mondiale, environ 100 millions de personnes supplémentaires vivent désormais dans la pauvreté, en raison de la pandémie. Une crise en chassant une autre, avec la guerre en Ukraine, leur nombre devrait à nouveau augmenter dans les années à venir.


Matthieu DELACHARLERY

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