Selon les estimations de la Banque de France rendues publiques ce mercredi, l'activité économique française devrait continuer de progresser légèrement au deuxième trimestre.
Pour l'ensemble de l'année, la Banque de France table toujours sur une croissance du PIB de 0,6%.

Une bonne nouvelle pour le gouvernement. Si elle continue de livrer des estimations en deçà des projections du gouvernement, la Banque de France table tout de même sur une dynamique positive pour l'économie française au deuxième trimestre 2023. Entre avril et juin, le produit intérieur brut (PIB) serait "en légère hausse" par rapport au début de l'année, où il avait augmenté de 0,2%.

Progression en avril, stabilisation en mai

"En avril, l'activité a progressé dans les trois grands secteurs : industrie, services et bâtiment", a indiqué Olivier Garnier, directeur général des statistiques, des études et de l'international à la Banque de France, en présentant l'enquête mensuelle de conjoncture de l'institution. Cela s'explique notamment par un effet rebonds dans les secteurs touchés par les grèves contre la réforme des retraites au mois de mars, à commencer par l'énergie et les transports. Selon les calculs, l'activité se stabiliserait ensuite en mai dans les services, tandis que l'industrie et le bâtiment se replieraient - ce qui s'explique, en partie, par les congés plus nombreux ce mois-là.

Sur le plus long terme, l'institut financier escompte une croissance du PIB de 0,6%, inférieure à celle prévue par le gouvernement (1%) et bien moindre que celle de 2,6% enregistrée en 2022. "L'automne dernier, on craignait une récession à la suite de l'invasion de l'Ukraine ; c'est une bonne nouvelle de n'avoir que ce ralentissement", met en avant le gouverneur de la BDF, François Villeroy de Galhau.

Des signaux encourageants du côté des prix

En parallèle, un modeste relâchement des prix dans l'industrie est observé. Une bonne nouvelle dans un contexte de forte inflation. "On voit clairement un changement de tendance du côté des prix à la production dans le secteur manufacturier", confirme Olivier Garnier. "Ce n'est pas encore le cas du côté des prix de vente dans les services et le bâtiment, mais ceci tend à conforter notre scénario d'un début de repli de l'inflation, au niveau des prix à la consommation, au cours du deuxième semestre de l'année 2023", souligne-t-il.

La hausse des prix à la consommation a atteint 5,9% sur un an en avril, selon l'Institut national de la statistique (Insee). La Banque de France estime qu'elle devrait reculer à 4% fin 2023 puis revenir aux alentours de 2% d'ici fin 2024 ou 2025, sous l'effet également des remontées de taux d'intérêt décidées par la Banque centrale européenne (BCE).


Maxence GEVIN

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