À Donges, la deuxième raffinerie de France "entièrement à l'arrêt" pour "corrosion et fuites"

par Y.R. avec AFP
Publié le 3 mars 2024 à 10h22

Source : Sujet TF1 Info

La site de Donges, situé près de Saint-Nazaire et contrôlé par TotalEnergies, est à l'arrêt depuis le 20 février pour des travaux de maintenance.
Cet "arrêt technique" de la deuxième raffinerie de France, après Gonfreville-l'Orcher, est du, selon la CGT, à "des problèmes de corrosion et de fuites".
Le résultat pour le syndicat d'"une politique d'entretien à moindre coût".

Il subit "un arrêt technique" effectif depuis le 20 février. Le site TotalEnergies de Donges est "entièrement à l'arrêt depuis plus d'une semaine" pour "corrosion et des fuites", a annoncé à l'AFP, vendredi 1er mars, Fabien Privé Saint-Lanne, secrétaire général de la CGT au sein de la deuxième raffinerie de France, située près de Saint-Nazaire, qui a une capacité de traitement de 11 millions de tonnes de pétrole brut par an, pour une capacité de stockage de 2,2 millions m3 (pétrole brut et produits finis). 

Le 20 février, la préfecture de la Loire-Atlantique a publié un arrêté préfectoral portant sur une mise en demeure de "TotalEnergies Raffinage France exploitant la raffinerie de Donges". Outre les services de l'État dans les Pays de la Loire, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) est, parmi d'autres, chargée de "l'exécution" de cet arrêté, dont le non-respect peut entraîner des "poursuites pénales", selon l'arrêté.

"32.000 km de tuyauterie à refaire"

La direction de la raffinerie a affirmé, samedi 2 mars, via son service de communication, que "l'arrêt des installations a été décidé par les équipes de la raffinerie afin de réaliser des réparations nécessaires consécutives à des corrosions sur une unité et à un bouchage sur une seconde."

D'après le représentant CGT sur la plateforme de Donges, qui occupe une surface de près de 350 hectares et où travaillent 650 salariés, "il y a des problèmes de corrosion et des fuites, un bouchage sur un four (...) mais aussi 32.000 kilomètres de tuyauterie à refaire" sur ce site Seveso au seuil haut. Les fuites ne représentent pas de risque pour l'environnement du site, a-t-il assuré, estimant que la raffinerie reprendra ses activités "dans un mois, à la fin mars".

La moitié du site était déjà à l'arrêt

La moitié des installations de la raffinerie était déjà à l'arrêt depuis mi-décembre, à la suite d'une autre mise en demeure de la préfecture de la Loire-Atlantique qui enjoignait à TotalEnergies "de respecter les dispositions (...) pour les tuyauteries". "L'ensemble de ces actions représente actuellement des dépenses de l'ordre de 50 millions d'euros par an", a indiqué vendredi TotalEnergies, disant avoir "mis en place des moyens très conséquents pour assurer la sécurité (des) installations" du site.

L'arrêt est au contraire dû à "une politique d'entretien et de maintenance à moindre coût", a affirmé le représentant syndical. "Les salariés sont en sous-effectif et travaillent 12, parfois 16 heures d'affilée (...) ce qui est dangereux"

Le géant français n'a pas versé de salaire depuis décembre à une vingtaine de salariés étrangers, dont neuf Ukrainiens, a par ailleurs dénoncé la CGT vendredi, évoquant "une forme d'esclavage moderne". La direction de la raffinerie a répondu samedi disant veiller "avec la plus grande vigilance à ce que l'ensemble des éléments de rémunération des contractants travaillant sur (son) site soient dûment versés, en particulier lorsqu'il s'agit de sous-traitance de rang 2".


Y.R. avec AFP

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