Brexit : goodbye United Kingdom

Nucléaire : EDF en discussion pour construire deux nouveaux EPR en Angleterre

Cédric Ingrand
Publié le 14 décembre 2020 à 18h59
Modèle en 3D de la future centrale nucléaire Sizewell C

Modèle en 3D de la future centrale nucléaire Sizewell C

Source : EDF

EN CHANTIER - EDF pourrait remporter la construction de deux nouveaux réacteurs EPR sur la côte Est de l'Angleterre. Une négociation qui pourrait être difficile, avec un gouvernement coincé entre ses engagements climatiques et un budget limité.

L'issue du Brexit n'y changera rien : annoncées en mai dernier, les discussions entre EDF et le gouvernement britannique autour de la construction d'une nouvelle centrale nucléaire vont débuter. Le projet, c'est Sizewell C, une nouvelle tranche pour la centrale du Suffolk, dans l'est de l'Angleterre, deux nouveaux réacteurs d'une puissance de 3,2 GW, capables de fournir de l'électricité à six millions de foyers.

EDF renforce ainsi sa position dans le renouveau du nucléaire outre-Manche, avec la perspective d'un chantier que la presse britannique évalue à 20 milliards de livres environ (21,8 milliards d'euros). Après vingt ans de pause, le Royaume-Uni s'est lancé ces dernières années dans la construction de nouvelles centrales nucléaires. À elle seule, Sizewell C pourrait créer jusqu'à 25.000 emplois, selon une estimation d'EDF en mai dernier.

Techniquement, la centrale est conçue comme une quasi-réplique de celle de Hinkley Point située dans le Somerset (Sud-Ouest de l'Angleterre) et est développée comme cette dernière par EDF avec le chinois CGN comme partenaire minoritaire. Pour Sizewell C, le communiqué gouvernemental n'évoque pas CGN. Les relations économiques entre Londres et Pékin sont tendues depuis la décision d'exclure Huawei du réseau 5G du pays. 

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Mais le choix de ses partenaires n'est pas la seule difficulté qui frappe le programme nucléaire britannique, d'autres obstacles concernent tant Sizewell C que d'autres projets de centrales au Royaume-Uni. Dans les prochains mois, le gouvernement britannique devrait ainsi publier les détails de sa nouvelle politique énergétique, qui pourrait comporter un nouveau modèle de financement pour le nucléaire. Celui-ci ferait porter une partie des coûts dès le départ sur les consommateurs, avec une contribution qui s'ajouterait sur leurs factures d'électricité. 

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Comme l'explique Steve Thomas, professeur à l'Université de Greenwich et spécialiste des questions énergétiques, le gouvernement n'est pas très à l'aise avec cette solution,  "mais c'est le dernier espoir pour le programme nucléaire", selon lui. "Le renouveau du nucléaire doit jouer un rôle important en tant qu'énergie à faibles émissions carbone pour limiter le changement climatique."

Si le gouvernement britannique investit massivement dans les énergies renouvelables comme l'éolien, et prévoit d'arrêter le charbon, le nucléaire reste incontournable pour atteindre l'objectif de neutralité carbone qu'il s'est fixé pour 2050. L'atome compte pour environ 20% de l'électricité dans le pays, une part que les pouvoirs publics entendent maintenir.


Cédric Ingrand

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