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La France importe-t-elle de l'uranium russe alors qu'elle boude son gaz et son pétrole ?

Thomas Deszpot
Publié le 4 octobre 2022 à 18h30
JT Perso

Source : Le 9h/12h

L'ancienne ministre Cécile Duflot a indiqué lors d'une interview que la France continuait à "acheter de l'uranium à la Russie".
Si en Europe, une très faible part des importations vient de Russie, ce n'est pas le cas de l'uranium utilisé dans l'Hexagone.
La France s'approvisionne en Asie, en Afrique, ainsi qu'en Amérique du Nord, assure le ministère de la Transition écologique.

La France, à l'instar de ses alliés européens, entend bien se passer totalement des hydrocarbures russes. Mais continue-t-elle pour autant à se tourner vers Moscou pour ses importations d'uranium ? C'est ce que l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot a glissé voilà quelques jours, lors d'un passage sur le plateau de Public Sénat. À ses yeux, le nucléaire "n'est pas une solution" pour assurer notre indépendance énergétique, en partie à cause du fait que l'on "ne produit pas le combustible sur notre sol". 

Si l'ancienne élue, aujourd'hui présidente d'Oxfam France, a raison lorsqu'elle évoque notre dépendance aux importations d'uranium, il est en revanche faux d'assurer que notre pays se tourne vers la Russie pour ses approvisionnements.

Des sources diversifiées pour se procurer de l'uranium

Dans l'Hexagone, compte-t-on sur l'uranium russe pour assurer le bon fonctionnement de notre filière nucléaire ? Pour le savoir, TF1info s'est rapproché du cabinet de la ministre Agnès Pannier-Runacher, en charge de la Transition énergétique. Sa réponse est brève et très claire : "La France n'importe pas d'uranium naturel de la Russie, et bénéficie d'une fourniture d'uranium naturel diversifiée dans plusieurs pays, sur plusieurs continents pour faire fonctionner le parc électronucléaire français". De fait, "la France ne dépend pas de la Russie sur son cycle combustible nucléaire", nous répond-on.

Quid des sources d'approvisionnement en question ? Relancé, l'entourage de la ministre ajoute que l'uranium utilisé en France provient d'Amérique du Nord, d'Asie, ainsi que d'Afrique.

Libération, il y a quelques mois, avait tenté d'en savoir plus et soulignait que la Russie assurait 6% de la production mondiale d’uranium naturel. Pour autant, en 2021, Moscou n'était "que" 3e plus gros fournisseur d'uranium à l'UE (un peu moins de 20% des volumes), derrière le Niger (24%) et le Kazakhstan (23%).

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Sollicité par le quotidien, le comité technique Euratom (CTE) a précisé les sources précises des approvisionnements en uranium réalisés par la France. Et l'on constate que la Russie n'y figure pas : ce comité, structure permanente de l'État placée sous le contrôle de Matignon, fait en effet remarquer que sur les 6286 tonnes d’uranium importées en France en 2020, 34,7% provenaient du Niger, quand le reste était arrivé en provenance du Kazakhstan (28,9%), d’Ouzbékistan (26,4%) et d’Australie (9,9%).

Si l'Europe a bien recours à de l'uranium russe, à hauteur d'environ 20% de sa consommation, on constate donc que la France fait appel à d'autres pays pour assurer ses besoins. Cette ressource étant particulièrement sensible, les autorités cherchent à diversifier les sources d'approvisionnement. Une manière de se prémunir des ruptures d'importations potentielles qui pourraient survenir en cas d'instabilité dans l'un des pays exportateurs. 

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