Les Français face à la pénurie de carburants

Grève interprofessionnelle le 18 octobre : quels secteurs sont concernés ?

par Aurélie LOEK
Publié le 13 octobre 2022 à 13h46
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Ce jeudi, la CGT, FO, Solidaires et FSU appellent à une journée de grève interprofessionnelle mardi
Une réponse aux réquisitions annoncées par le gouvernement dans les raffineries.
Ce mouvement pourrait être suivi, de nombreux secteurs étant mobilisés ces dernières semaines.

La rentrée sociale promettait d'être agitée, la contestation semble désormais prendre forme, quelques semaines plus tard. Face aux réquisitions décidées par le gouvernement pour mettre fin à la grève qui paralyse cinq des sept raffineries françaises depuis maintenant au moins trois semaines, la CGT a appelé à une extension du mouvement. "Il faut généraliser les grèves", a insisté le secrétaire général du syndicat, Philippe Martinez, annonçant "dès la semaine prochaine un nouvel appel à grèves et manifestations dans toutes les entreprises, publiques comme privées".

Ce jeudi soir, la CGT, FO, Solidaires et FSU appellent à une journée de grève interprofessionnelle mardi 18 octobre.

Le secteur de l'énergie en pointe

La FNME-CGT, qui représente l'énergie, a fait savoir dès jeudi au matin qu'elle "impulsera(it) et coordonnera(it) la grève nationale interprofessionnelle à l'appel de la CGT, le mardi 18 octobre". Tout comme le secteur pétrolier, celui du nucléaire est également mobilisé, puisque plusieurs centrales sont confrontées à des mouvements sociaux pour les salaires depuis plusieurs semaines.

Parmi elles, la centrale de Gravelines, dans le Nord, qui est la plus puissante d'Europe de l'Ouest. La mobilisation dans ce secteur pourrait ralentir la remise en fonctionnement des centrales, actuellement en maintenance à cause de problèmes de corrosion. Un retard qui pourrait impacter la production d'électricité pour cet hiver, alors même que la France s'attend à une situation énergétique tendue. Selon la CGT, un mouvement est aussi en cours dans les sites de stockage de gaz d'Engie.

L'appel interprofessionnel rejoint par ailleurs des appels déjà lancés dans le secteur de la santé, la CFDT souhaitant une mobilisation dans les cliniques et les maisons de retraite à but lucratif, ou encore dans l'éducation. Tous les syndicats de l'enseignement avaient déjà appelé à la grève le 18 octobre.

Soutien des transports ou des dockers

D'autres domaines ont annoncé se mobiliser en soutien. Du côté des transports en commun, le syndicat Sud-Rail Paris Nord a appelé les conducteurs des lignes de RER et Transiliens B, C, H et K à rentrer en grève à partir du 17 octobre. De même, le technicentre du Landy, en charge notamment de la maintenance des TGV, sur le réseau gare du Nord, des Eurostar et des Thalys a voté la grève à partir de lundi. Dès jeudi, certains salariés de la RATP se sont également mobilisés.

Jeudi après-midi, la CGT-Cheminots, premier syndicat représentatif à la SNCF, a appelé à la grève le 18 octobre. "Nous demandons aux syndicats d'organiser des assemblées générales de site le 18 et nous ne nous interdisons aucun scénario pour la conduite de l'action", a indiqué à l'AFP le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun.

La secrétaire confédérale de la CGT Céline Verzeletti a par ailleurs indiqué une mobilisation dans la fonction publique, du 18 au 31 octobre. Les syndicats des dockers avaient par ailleurs déclaré leur soutien aux raffineurs et leur volonté de se mettre en grève en cas de réquisition.

A noter que du côté des partis politiques, la députée LFI Mathilde Panot a annoncé, jeudi soir dans l'émission "Quotidien", sur TMC, que La France insoumise sera présente à la mobilisation du 18 octobre.

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Ces annonces s'ajoutent à des luttes ultérieures qui ont toutes en toile de fond la question de l'augmentation des salaires face à une inflation conséquente. Débrayages dans l'usine Stellantis à Rennes ou chez le sous-traitant d'Airbus, Daher, à Toulouse, grève pour les employés Volvo-Renault Trucks à Limoge, mais aussi au sein du Crédit Mutuel Arkea ou encore blocage d'entrepôts Carrefour ou du théâtre de l'Odéon à Paris... Des usines à la culture, les salariés ont obligé ces dernières semaines leur direction à ouvrir des négociations salariales. Jusque-là, les secteurs étaient diversement mobilisés, mais l'annonce de la journée de mardi pourrait les rassembler.


Aurélie LOEK

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