En raison d'aléas climatiques et bactériologiques, les cours du jus d’orange ne cessent de s'envoler.
Depuis le début de l'année, la hausse a atteint 30% et 70% sur un an, soit plus que l’or et le pétrole.
L’Union nationale interprofessionnelle des jus de fruits (Unijus) redoute une pénurie inédite.

Trouvera-t-on encore du jus d'orange dans les rayons des supermarchés ? Conséquence directe de la chute de production de cet agrume, le concentré de jus d’orange congelé, qui constitue une transformation de la matière première pour faciliter son transport, se fait très rare, notamment dans deux des trois grands pays producteurs que sont les États-Unis, le Mexique et le Brésil. En cause : des aléas climatiques et bactériologiques. 

Les deux gros ouragans ayant frappé la Floride, à l’automne 2022 ont grandement fragilisé les orangers, tandis que la maladie du dragon jaune, ou Huanglongbing (HLB), impacte désormais les arbres rescapés dont les fruits sont verdis à cause d'une bactérie et deviennent impropres à la consommation. La sécheresse au Mexique et le manque d’eau en Espagne participent également à cette baisse de production.

Tout repose désormais sur le Brésil

Or, cette carence en concentré de jus d’orange pénalise les fabricants de la filière des jus. "Les commandes auprès des fournisseurs de concentrés sont désormais sous quotas pour toutes les sociétés désirant en acheter, une situation jamais rencontrée par les acheteurs les plus anciens", a indiqué l’Union nationale interprofessionnelle des jus de fruits (Unijus) dans un récent communiqué de presse, craignant une pénurie mondiale inédite "dans les semaines à venir".  

Dans ce contexte, tous les fabricants se tournent vers le Brésil, premier fournisseur mondial de jus d’orange. "Il en résulte une impossibilité pour les Brésiliens d’honorer toutes les commandes", a indiqué l’Unijus alors que les stocks de ce pays d’Amérique latine sont au plus bas et les ventes sont soumises à des quotas.

Pénurie et hausse des prix jusqu'à l'automne ?

Il n'en fallait pas plus pour que la boisson phare du petit-déjeuner figure sur la "short list" des meilleurs paris boursiers de plusieurs sociétés de conseil en investissement. Le jus d'orange "a détrôné le pétrole en tant que nouvelle matière première fétiche des traders", résume le quotidien économique Les Échos. Depuis le début de l'année, la hausse des cours atteint 30% et 70% sur un an, soit plus que l’or et le pétrole.

Une hausse qui n’aurait toutefois pas pu être aussi forte sans l’intervention d’un dernier acteur. "Les spéculateurs ont joué le rôle d’accélérateur du phénomène", explique IG France, un cabinet de conseil qui a analysé le phénomène jus d’orange dans une note publiée le 17 mai, alors que le poids de quelques fonds spéculatifs et négociants s'avère énorme sur le prix des matières premières. Ils "font la pluie et le beau temps" sur ces marchés, soulignent Les Échos.

Pour l'Unijus, la hausse des prix des cours, consécutive à la rareté des oranges, va se répercuter en rayons et donc sur le consommateur. Et surtout persister. De fait, cette situation devrait durer jusqu’en septembre-octobre 2023, soit jusqu’à la prochaine récolte d’oranges, qui commencera mi-juin 2023.


A. LG

Tout
TF1 Info