Les retraites, le dossier explosif du second mandat d'Emmanuel Macron

Que veut Macron en relançant sa réforme des retraites ? L’analyse de François Lenglet

V. F
Publié le 5 juin 2021 à 16h29, mis à jour le 5 juin 2021 à 16h49
JT Perso

Source : JT 20h WE

ÉCONOMIE - Emmanuel Macron a ressuscité jeudi 3 juin la réforme des retraites. Le chef de l'État a même promis des décisions "difficiles" cet été. Mais cette réforme ne ressemblera pas au projet qui a divisé la France en 2019. Alors, qu'est-ce qu'il faut comprendre ?

Au moment où la France se déconfine, Emmanuel Macron remet sur la table le chantier explosif de la réforme des retraites, laissant pour l'heure ouvertes les questions du contenu et du calendrier. En déplacement dans le Lot jeudi 3 juin, le chef de l'État a alimenté les spéculations en réaffirmant qu'il devra prendre des décisions "difficiles" pour que la dernière année du quinquennat soit "utile"

Pour autant, il a estimé que le projet initial doit être revu. En cause : la pandémie et la crise économique et sociale, mais aussi le risque de remettre le feu dans le pays, à moins d'un an de l'élection présidentielle.

"Retarder l'âge légal"

Alors, que faut-il comprendre et quel sera l'ampleur de la réforme voulue par le chef de l'Etat ? Pour la première fois, selon François Lenglet, spécialiste économie de TF1, Emmanuel Macron prend acte du fiasco de 2019. Mais plusieurs raisons le poussent à reprendre bientôt l'initiative. D'abord, pour satisfaire ses électeurs en garnissant un bilan de réforme qui en a bien besoin parce qu'il a été contrarié par les Gilets jaunes et par l'épidémie. Ensuite, pour éviter une crise avec l'Allemagne qui s'alarme de la dérive de nos comptes budgétaires.

Une nouvelle réforme des retraites mettrait un terme au fameux "quoi qu'il en coûte" et en serait la première facture, poursuit François Lenglet. Cette dernière, envoyée avant la présidentielle, devrait être payée après de façon très progressive sous la forme d'un allongement de la durée de carrière pour les générations les moins âgées. Il ne s'agit pas de procéder à un âge pivot incompréhensible, mais de retarder l'âge légal de la retraite aujourd'hui fixé à 62 ans. Un tel procédé permettrait d'enjamber la présidentielle et de parer aux reproches d'inaction. 

Pour compenser cette mesure, le présidente pourrait relever en contrepartie les petites pensions. En revanche, en ce qui concerne les régimes spéciaux, s'y attaquer à nouveau autrement que de façon symbolique, ce serait prendre le risque d'une crise sociale, analyse notre spécialiste.

Lire aussi

Évoquant "plusieurs scénarios", la ministre du Travail Elizabeth Borne a rappelé sur LCI les enjeux : "équité, justice", mais aussi "soutenabilité de notre modèle de protection sociale affecté par la crise".

Dans l'opposition de droite, pour qui une réforme est indispensable, le LR Eric Woerth, président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, appelle à "repartir à zéro : assumer l'augmentation de l’âge, petites retraites et indexation des pensions, pénibilité clarifiée, régimes spéciaux, simplification des caisses".

À gauche, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel éreinte Emmanuel Macron qui, avec cette réforme et celle de l'assurance chômage, va "jusqu'au bout porter atteinte au monde du travail, à (ses) conditions de travail, à (son) pouvoir d'achat".


V. F

Tout
TF1 Info