L'enseigne de chaussures San Marina ferme définitivement ses portes ce samedi 18 février.
Passé cette date, plus aucun de ses 163 magasins ne devrait rouvrir ses portes.
Un coup dur pour les 680 salariés qui vont perdre leur emploi.

Depuis plusieurs mois, des enseignes iconiques du secteur de l'habillement (Kookaï, Pimkie...) sont dans la tourmente, avec parfois des liquidations judiciaires à la clef, comme pour Camaïeu. L'enseigne de chaussures San Marina est le prochain nom à allonger cette liste. Faute d'offres de reprise recevables, le placement en liquidation judiciaire du groupe, qui emploie plus de 600 salariés dans 163 magasins en France, paraît inévitable lundi, date à laquelle le tribunal de commerce de Marseille, ville dans laquelle est né le groupe en 1981, doit rendre sa décision.

"Tout le monde sera licencié"

Sans attendre le rendu de ce jugement définitif par le tribunal, les dirigeants de l'enseigne ont décidé de tirer le rideau ce samedi à 19h. Conséquence de l'annonce de cette fermeture, les clients se pressent depuis plusieurs jours pour profiter des promotions offertes en magasin, non sans exprimer leur soutien aux employés, qui ne laissent rien paraître.

"Tout le monde sera licencié", a précisé le représentant CGT des salariés, dont le syndicat avait par ailleurs appelé à la grève dès mardi dernier afin d'obtenir de la direction une revalorisation de la prime de départ promise aux salariés. "La direction nous a proposé un doublement de la prime sur objectif, ce qu'on appelle le variable", qui oscille "entre 17 et 40 euros par mois", a expliqué à l'AFP Helmi Farhat, précisant que cela avait été vécu comme une "humiliation" par les salariés. La CGT souhaite, elle, que cette prime de départ atteigne au moins un mois et demi de salaire, ce que la direction a pour l'instant refusé.

"C'est tellement un choc, on ne s'est jamais retrouvé au chômage", avance à l'AFP la vendeuse d'une boutique dans un centre commercial marseillais, qui ne sait pas encore si elle fera une formation pour se reconvertir ou si elle recherchera du travail dans la vente. Mais le plus dur, "c'est pour les collègues plus âgés, qui ont trente ans de boîte". "Quand on voit des enseignes françaises qui ferment, ça fait peur. Le web, ça nous a tués, et puis une mauvaise gestion aussi", analyse-t-elle.

"Cela devient triste parce qu'il y a plusieurs enseignes qui ont fermé et cela va continuer peut-être. Est-ce parce que les gens achètent sur internet ? Moi, je veux voir et toucher avant d'acheter", commente Pierre Scopelliti, 67 ans, client fidèle d'un magasin marseillais.

À quelques kilomètres de là, une employée, treize ans de maison à son actif, n'a pas voulu faire grève : "Je ferai mon travail jusqu'au bout, jusqu'à la fermeture du rideau." 


V. F

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