La crise du Covid n'a pas empêché les géants de l'armement d'enregistrer des ventes records en 2020

Publié le 6 décembre 2021 à 9h44

Source : JT 20h WE

VITALITÉ - Pour la sixième année de suite, le top 100 des plus grands groupes d'armement voit ses ventes grimper à la hausse, en dépit de la crise sanitaire. Depuis 2015, le chiffre d'affaires de ces géants est en augmentation continue.

C'est l'un des rares secteurs épargnés par la crise sanitaire : pour la sixième année consécutive, les géants mondiaux de l'armement ont enregistré un nouveau record de leurs ventes en hausse. Le chiffre d'affaires des 100 plus grands groupes du secteur de la défense a atteint ainsi en 2020 un nouveau sommet de 531 milliards de dollars (470 milliards d'euros), selon un rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) publié lundi.

Leurs ventes d'armement et de services militaires ont ainsi augmenté de 1,3% sur un an, à l'heure où, dans le même temps, l'économie mondiale a chuté de plus de 3%, souligne l'organisme de recherche basé en Suède, dont les travaux font référence en la matière. 

Si la croissance a toutefois été plus faible en 2020 qu'en 2019, où le top 100 des plus grands groupes d'armement avait vu ses ventes bondir de 6,7%, la crise économique liée à l'épidémie mondiale n'a pas ralenti le développement de ce secteur : le chiffre d'affaires de ces 100 entreprises est en hausse continue depuis 2015, avec une progression totale de 17%, selon le Sipri.

Les géants américains en tête, la Chine continue sa percée

Un dynamisme économique dont profitent surtout les groupes américains : les ventes d'armes des 41 entreprises des États-Unis présentes dans le top 100 ont grimpé à 285 milliards de dollars, soit plus de la moitié des ventes d'armes totales de ce top. Cinq géants américains trustent toujours le haut du classement mondial : Lockheed-Martin, Raytheon Technologies, Boeing, Northrop Grumman et General Dynamics.

Le top 10 est complété par le Britannique BAE Systems, le premier groupe européen, qui se hisse à la 6e place (devant Airbus, qui grimpe à la 11e), devant les Chinois Norinco (7e) Avic (8e) et CETC (9e). Un groupe américain, à nouveau, referme ce podium : L3Harris.

Au-delà du classement de tête, 26 sociétés européennes ont accaparé 21% des ventes totales. En comptant séparément les pays européens, la Chine est le deuxième pays dont les entreprises vendent le plus d'armes, avec un chiffre d'affaires en hausse de 1,5% depuis 2019, devant le Royaume-Uni, la Russie et la France. "La progression de la Chine comme un producteur majeur d'armement a été tirée par sa volonté de devenir plus auto-dépendante dans sa production et du fait de programmes ambitieux de modernisation" de ses armées, souligne le Sipri.

De manière générale, toutes les principales nations ont vu leurs grandes entreprises prospérer en 2020, à l'exception des entreprises russes (-6,5% de ventes) et françaises (-7,7%). Mais la France tente de rattraper son retard, notamment avec la vente signée vendredi de 80 chasseurs Rafale aux Émirats arabes unis pour 16 milliards d'euros.

Les mesures prises pour freiner le virus ont perturbé les chaînes d'approvisionnement et retardé les livraisons

Mais comment ces grandes entreprises ont-elles tenu leur cap au cours d'une année si chaotique du point de vue économique ? Selon l'institut, elles ont notamment reçu l'appui de politiques de soutien budgétaire, mesures adoptées face à l'épidémie et les effets des confinements. 

Autre planche de salut : le secteur "a été largement protégé par le maintien de la demande des gouvernements pour du matériel militaire", souligne le Sipri. D'autant que le marché de l'armement est aussi moins sensibles aux aléas conjoncturels, parce que les commandes sont souvent étalées sur plusieurs années.

Si les ventes sont restées au beau fixe, la production industrielle d'armes a en revanche pâti des effets de la crise sanitaire. "Dans de nombreux cas, les mesures prises pour freiner le virus ont perturbé les chaînes d'approvisionnement et retardé les livraisons", note le Sipri. Le rapport cite ainsi le cas de Thales, première entreprise française – hors Airbus – du classement (14e), qui a attribué au confinement la baisse de 6% de son chiffre d'affaires 2020.

À cela s'ajoutent les problèmes logistiques d'approvisionnement qui se sont multipliés en 2021 : "il est possible que ces difficultés se reflètent dans leurs ventes" cette année,  comme le prévoit par exemple Lockheed Martin, souligne à l'AFP Lucie Béraud-Sudreau, responsable du suivi des dépenses militaires au Sipri.


La rédaction de TF1info (avec AFP)

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