Le patron de Stellantis pourrait percevoir, comme rémunération globale, 36,5 millions d'euros s'il remplit ses objectifs de performance.
Ce montant est jugé excessif et même indécent par certains.
Mais à quoi correspond exactement cette rémunération ?

Cela représente 100.000 euros par jour. Pour cette année 2024, Carlos Tavares, patron de Peugeot Citroën ou encore Fiat, devrait gagner 36,5 millions d'euros, selon le rapport financier annuel de l'entreprise, soit l'équivalent de 2250 fois le SMIC. Mais à quoi correspond ce chiffre qui a de quoi donner le tournis ?

Dans le détail, Carlos Tavares touche un salaire fixe de 2 millions d'euros auxquels s'ajoutent des avantages sociaux pour un montant de 634.697 euros (dont 2 700 euros pour une voiture de fonction ou encore 3600 euros d’assurance santé). À cela s'ajoutent des primes à court et long termes à hauteur plus de 31 millions d'euros dont une de 10 millions d’euros au titre de la transformation du groupe créé en 2021 avec la fusion de PSA et de Fiat-Chrysler. Il recevra également des pensions de retraite, mais aussi des bonus attribués seulement s’il est au rendez-vous d’objectifs fixés pour 2025, dernière année de son mandat actuel à la tête du constructeur. Le patron touchera dans un premier temps 23,5 millions d’euros. Versée en grande partie en actions, cette rémunération augmente aussi avec la valeur du titre du groupe, qui a quasiment doublé depuis trois ans.

Un salaire vraiment plus élevé que d'autres grands patrons ?

"Il a réussi à faire un champion mondial à partir d'entreprises qui étaient en très grande difficulté. Il ne faut pas oublier qu'il y a dix ans, Peugeot-Citroën était en faillite", rappelle dans le reportage en tête de cet article François Lenglet, spécialiste économie TF1/LCI.

Certes, les objectifs sont atteints, mais cette rémunération est-elle excessive ? Si l'on compare avec d'autres grands patrons de l'automobile, Carlos Tavares est largement en tête devant le patron de Ford et celui de Volkswagen. Une position que le directeur de Stellantis assume. "Si vous estimez que ce n'est pas acceptable, faites une loi et modifiez la loi, je la respecterai", a-t-il dit. Un affront pour une partie de la classe politique. À gauche, certains proposent même une loi pour instaurer une rémunération maximale dans les entreprises. 

Les 240.000 salariés de Stellantis ont aussi bénéficié des résultats record du groupe. Sur les 18 milliards d'euros de bénéfices, deux milliards ont été redistribués sous forme de prime.


La rédaction de TF1 Reportage - Cassandre Dewaegeneire, Florence Couturon, Bruno Chastagner

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