LE WE 13h

Remise de 15 centimes par litre d’essence : le coup de pouce du gouvernement en 3 questions

La rédaction de TF1info | Vidéo : Julien Roux, Léa Kebdani, Simon Humblot
Publié le 14 mars 2022 à 11h18
JT Perso

Source : JT 13h WE

Jean Castex a annoncé une remise de 15 centimes par litre de carburants dès le mois d'avril prochain.
Avec la flambée des prix, les recettes fiscales de l'État ont augmenté.
Certains y voient une mesure électoraliste.

Alors que les prix ont dépassé les deux euros dans la plupart des stations services la semaine dernière, les quinze centimes de réduction annoncés par Jean Castex vont-ils être suffisants ? Dès le 1er avril prochain, une remise sera appliquée lors de votre passage en caisse après avoir fait votre plein. Dans le même temps, en un an, les recettes fiscales de l'État ont bondi en raison des multiples hausses des prix des carburants.

Un vrai coup de pouce ?

La mesure coûtera plus de deux milliards d'euros. Une opération blanche pour le gouvernement, puisque cette somme correspond aux recettes fiscales supplémentaires perçues par l’État depuis la flambée des prix des carburants. "Tout est rendu aux Français", assurait dimanche le Premier ministre dans les colonnes du Parisien. Mais attention, si le prix du baril de pétrole continue de flamber, l'effet pourrait bien être très limité.

"C'est tout à fait insuffisant. Il y a eu des hausses beaucoup plus importantes dans les années précédentes. Et puis, surtout, on s'attend à en vivre d'autres encore plus fortes dans les mois à venir. Quinze centimes d'euros, il est quasiment clair que ça ne permettra pas de compenser la hausse de prix", explique Aurélie Trouvé, économiste spécialiste des questions de fiscalités. Actuellement, pour un litre de SP95, l'État perçoit 1,01€ de taxes avec une essence à 1,89 €/l. En mars 2021, avec un carburant vendu en moyenne à 1,49 euro par litre, les Finances publiques récupéraient 94 centimes de taxes.

Pourquoi ne pas baisser les taxes ?

Selon le chef de l'exécutif, cette remise "permet d’aider tout le monde, y compris les professionnels qui sont exonérés de taxes". Autre argument, modifier la fiscalité nécessite un vote des parlementaires. Une obligation qui aurait retardé l'entrée en vigueur de la mesure. Et ce, alors que la session parlementaire s'est achevée le 8 mars dernier à cause des élections prévues en avril et juin prochain.

"On est dans une période de très forte tension, liées à la guerre. Il faut donc des mesures exceptionnelles à durée limitée dans le temps", explique Patrice Geoffron, professeur d'économie à l'université Paris-Dauphine. En effet, selon Jean Castex, cette réduction doit durer quatre mois. "On pourrait tout à fait observer le phénomène inverse, c'est-à-dire une baisse très forte du pétrole. D'où cette volonté de ne pas modifier la fiscalité", précise le professeur.  

Pourquoi attendre le 1er avril ?

Parce que plusieurs semaines sont nécessaires pour que les 11.000 stations services du pays puissent mettre en place le dispositif. La remise ne sera pas affichée sur les totems présents à l'entrée de votre station essence. Elle sera appliquée uniquement au moment de passer à la caisse.

Lire aussi

Pour autant, du côté des candidats à l'élection présidentielle y voit une annonce électoraliste. Cette réduction doit entrer en vigueur neuf jours seulement avant le premier tour de l'élection.


La rédaction de TF1info | Vidéo : Julien Roux, Léa Kebdani, Simon Humblot

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info