Guerre en Ukraine : un séisme pour l'économie mondiale

Entreprises françaises en Russie : le départ à quel prix ?

Publié le 25 mars 2022 à 20h10, mis à jour le 25 mars 2022 à 23h44
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les entreprises françaises implantées en Russie sont dans l'impasse.
Si la plupart ont suspendu leurs activités dans le pays, d'autres hésitent à le faire en raison notamment du coût que représenterait un tel abandon.

Cette guerre en Ukraine est aussi un cas de conscience compliqué pour les grands groupes internationaux présents en Russie. C'est le cas notamment d'Auchan, située en périphérie de Moscou. À la caisse, il y a toujours beaucoup de monde. Les caddies sont souvent pleins. La marque a du succès. Les Russes y sont venus pour acheter leurs produits de première nécessité. "Ce serait dommage s'il parte", déplore l'un d'entre eux au micro du 20H de TF1.

Rien qu'à Moscou, Auchan compte une vingtaine de magasins. Il est difficile de renoncer à 20 ans de travail pour obtenir ces emplacements qui valent de l'or. En Russie, le groupe vient d'augmenter sa rentabilité de 8% alors qu'en France, elle est en baisse de 8%. Pour Auchan, Decathlon, Leroy Merlin, tous issus du même groupe, le pays représente 8,2 milliards d'euros des chiffres d'affaires. Avec six autres entreprises françaises, c'est 16,2 milliards d'euros.

Partir, c'est donc abandonner un marché immense. Mais pas seulement. Le Parlement russe réfléchit à une loi pour punir les entreprises occidentales si elles quittent le pays, comme l'explique Me Olivier Attias, avocat, spécialiste des sanctions internationales dans la vidéo en tête de cet article.

Faut-il donc vendre à un concurrent avant que le droit russe ne se durcisse ? Renault se pose forcément la question. La Russie, c'est son 2e marché après la France. Depuis 2008, le groupe a investi 1,7 milliard d'euro pour faire d'Avtovaz une entreprise rentable. L'issue est donc difficile pour ce constructeur automobile français. Renault s'attend au pire. Dans son budget, il vient d'anticiper une perte de deux milliards d'euros, réduisant sa capacité d'investissement y compris en France.

TF1 | Reportage T. Jarrion, M. De Chevigny, C. Moutot


La rédaction TF1 Info

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