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Faut-il interdire les rachats d'entreprises françaises ? L'analyse de François Lenglet

Publié le 23 mai 2021 à 20h19
JT Perso

Source : JT 20h WE

PATRIOTISME ÉCONOMIQUE - Une entreprise a une nationalité. Ces derniers temps, plusieurs sociétés françaises ont été revendues à des groupes étrangers. Elles y ont perdu de leur âme. Mais faut-il pour autant interdire leurs rachats ?

Le numéro un mondial des verres optiques, le français Essilor, vient de passer sous contrôle d'un groupe italien. Il y a peu, c'était le champion français du ciment Lafarge qui disparaissait, avalé par un groupe suisse. Et Carrefour n'est pas passé loin des mâchoires du canadien Couche-Tard sans le veto du gouvernement.

La nationalité d'une entreprise compte. Lorsqu'un actionnaire ou un patron restructure son groupe, il a toujours tendance à épargner son propre pays. Il commence par les filiales lointaines. Il protège d'abord son pays d'origine. En général, elle maintient aussi dans sa base nationale les centres de décision ou les sièges, les laboratoires de recherche. C'est là encore qu'elle paie ses impôts.

Les entreprises aussi ont une patrie. Et la vente d'entreprises françaises est d'autant plus problématique que les mouvements dans l'autre sens. Les rachats par des Français sont moins fréquents qu'il y a vingt ans. Quand Air France reprenait KLM, que Renault sauvait Nissan et France Télécom rachetait Orange. Faut-il pour autant interdire les rachats d'entreprises françaises ? Ce serait une protection factice. "La vraie et la seule protection solide, c'est la compétitivité et l'innovation. Se réfugier derrière des décrets, ça serait aussi efficace que de mettre de la crème solaire pour partir à Tchernobyl", explique François Lenglet, spécialiste économie de TF1.


La rédaction TF1 Info

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