En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : le dilemme des enseignes françaises toujours ouvertes en Russie

TF1 | Reportage Tiphaine Leproux, Jérôme Garro, Michael Merle
Publié le 23 mars 2022 à 16h06
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

C'est une question éthique, économique et politique.
Les 1200 entreprises françaises installées en Russie doivent-elles interrompre leurs activités ?
Certaines ont déjà plié bagage, d'autres estiment que le coût social serait trop élevé.

Le grand magasin Leroy Merlin de Kiev transformé en champ de ruines après avoir été totalement détruit dimanche après un bombardement. L'image a fait le tour des réseaux sociaux, et un député ukrainien y a interpelé l'enseigne française en lui demandant de cesser ses activités en Russie : "Regardez ça, les taxes que vous payez à la Russie permettent d'acheter et de produire des missiles dont vous voyez les conséquences. Leroy Merlin, vous êtes à l'aise avec ça ?" Un message relayé par les salariés ukrainiens de l'enseigne, qui ont lancé une pétition : ils réclament que Leroy Merlin, mais aussi Decathlon et Auchan, deux autres marques du groupe Mulliez, ferment leur magasin dans le pays de Vladimir Poutine.

 

À Moscou, les clients de ces enseignes interrogés par TF1 dans le reportage en tête de cet article semblent plutôt indifférents. "Je ne m'inquiète pas, ils travaillent encore ici", lâche simplement un Russe, sac de courses à la main, avant d'estimer, lorsqu'il est relancé sur l'éventualité d'un départ : "Qu'ils partent, on a d'autres magasins".

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Contactées par TF1, les trois enseignes n'ont pas souhaité s'exprimer. Alors que le Suédois Ikea a décidé de fermer ses magasins il y a quelques semaines, pourquoi ces trois entreprises françaises font-elles le choix de rester ? Le dilemme est de taille. La Russie, deuxième marché mondial de l'enseigne Leroy Merlin, représente 18"% de son chiffre d'affaires. Le groupe Mulliez investit massivement depuis vingt ans en Russie. "Aujourd'hui, lui demander de fermer d'un seul coup l'ensemble de ses trois enseignes, ça va être une perte colossale pour le groupe, avec le risque que le régime de Poutine décide de les nationaliser", souligne l'économiste Stéphanie Villers.

Une situation complexe que comprend Jean-Marc Cicuto, délégué syndical Leroy Merlin. Il souhaite avant tout la protection des salariés de l'enseigne sur place : "S'ils devaient fermer, il est clair que nous, organisation syndicale, on demanderait le maintien des salaires des 45.000 salariés russes." Toutes enseignes confondues, le groupe Mulliez détient près de 400 magasins en Russie. Cela représente près de 80.000 salariés.


TF1 | Reportage Tiphaine Leproux, Jérôme Garro, Michael Merle

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