La flambée des prix de l'énergie

Hausse des prix de l'énergie : peut-on taxer les superprofits des groupes pétroliers ?

TF1 | Reportage Julien Roux, Florian Le Goïc
Publié le 23 mars 2022 à 12h30, mis à jour le 24 mars 2022 à 21h20
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

En cette période de crise de l'énergie, les entreprises du secteur réalisent des profits records alors que le pouvoir d'achat des Français est lui mis à mal.
Faut-il taxer ces profits ? Est-ce possible et légal ?

Ils affichent des résultats exceptionnels, avec 14 milliards d'euros de bénéfices nets pour TotalEnergies en 2021 et 3,7 milliards pour Engie. Et ça, ce n'est que pour les groupes français. Au niveau mondial, les profits générés par la flambée des prix du pétrole et du gaz s'élèvent à 180 milliards d'euros. 

Alors, faut-il taxer ces superprofits ? La question divise les candidats à l'élection présidentielle et leurs soutiens. "Cette option n'a pas été retenue. Nous, ce que l'on souhaite, c'est que tout le monde participe à l'effort", affirme Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement et soutien d'Emmanuel Macron. "Nous avons besoin d'argent. Cet argent, il est en partie dans les superprofits de ces compagnies pétrolières. Il est normal que cet argent soit redistribué", explique de son côté David Belliard, soutien du candidat EELV, Yannick Jadot.

Une telle mesure est-elle applicable ?

Bruxelles a donné son feu vert. Les États peuvent temporairement mettre en place des mesures fiscales sur les profits exceptionnels. Mais dans les faits, taxer les géants de l'énergie en France ne serait pas si simple. Par exemple, TotalEnergies génère la majorité de ses profits à l'étranger et non dans l'Hexagone. En revanche, le groupe a annoncé un geste. Il baissera le prix du litre de carburant de 10 centimes à partir du 1er avril 2022. Une mesure qui coûtera 100 millions d'euros pour Total, soit 0,7% de ses profits de 2021. De plus, le groupe pétrolier a annoncé qu'il allait stopper d'ici la fin 2022 d'acheter des produits pétroliers russes.

Lire aussi

Pour Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste au Bureau d'informations et de prévisions économiques (BIPE), taxer les superprofits n'est pas une solution. "On ne peut pas à chaque fois qu'un secteur est en difficulté d'une manière ponctuelle et conjoncturelle, inventer une taxe puis ensuite la retirer en fonction de la crise", affirme-t-elle.

Cependant, à l'étranger, deux de nos voisins européens ont franchi le pas, la Roumanie et l'Italie. Ainsi, les entreprises italiennes, dont le bénéfice a augmenté de plus de 10%, seront taxées pour financer les aides en faveur du pouvoir d'achat.


TF1 | Reportage Julien Roux, Florian Le Goïc

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info