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VIDÉO - Salaires : ils gagnent à peine plus que le Smic et "vivent très mal" sa revalorisation

La rédaction de TF1info | Reportage T. Jarrion, V. David, M. Pernet, D. Pires
Publié le 3 mai 2022 à 12h26
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le 1er mai, en raison de la forte inflation enregistrée depuis le mois de novembre, le Smic a augmenté automatiquement de 2,65%.
Une bonne nouvelle pour de nombreux salariés, mais pas pour les 600.000 autres qui gagnent à peine plus que le salaire minimum.
Le 20H de TF1 en a rencontré certains.

Isabelle et Djamel ont respectivement seize et onze ans d’ancienneté dans la même entreprise de sous-traitance informatique. Le mois d’avril dernier, ils gagnaient 90 euros net de plus que le Smic. Avec la nouvelle hausse du salaire minimum, le 1er mai, cet écart va se réduire à une cinquantaine d’euros.

"On le vit très mal. J'ai 57 ans et je vais pas partir d'ici... Qu'est-ce que je vais trouver comme travail, à 57 ans ?", commente la première au micro du 20H de TF1, dans la vidéo en tête de cet article. Djamel abonde : "On se lève tous les jours, on fait le travail et on se retrouve au niveau [de salaire] d'un nouveau... Oui, c'est malheureux".

Les entreprises ont du mal à suivre les hausses du Smic

Avec trois hausses en huit mois, le Smic augmente plus vite que le reste des salaires. Alors, les entreprises ont du mal à suivre. La preuve : avant le 1er mai, 62 branches professionnelles avaient des salaires minimum sous le Smic, contre 146 aujourd'hui. C'est le cas des secteurs de la chimie, de la coiffure, des banques, ou encore de la propreté. 

Pourtant, dans cette dernière branche, on vient tout juste d'acter une hausse des salaires, déjà rattrapée par le Smic. Il faut donc renégocier. Mais comment faire tout en restant compétitif ? "Quand on a des marges extrêmement faibles, à hauteur de 2-3% en année normale - et même pas en sortie de Covid-19, où les marges sont encore plus faibles -, augmenter les salaires d'une manière extrêmement sensible nous pose problème", explique Philippe Jouanny, président de la Fédération des entreprises de propreté (FEP).

Les négociations vont plus vite quand les branches ont besoin de recruter

D'autant qu'ouvrir des négociations prend du temps. Exemple avec le secteur de la chimie : le dernier accord date du 15 décembre. Le 14 avril, les syndicats ont demandé un nouveau tour de table, le patronat a donné son accord, mais pas avant le 29 juin 2022. 

"Certaines branches sont arrivées à faire plus vite parce qu'elles étaient poussées par la nécessité, la situation sur le marché du travail. C'est le cas des routiers ou de la restauration. Ces branches avaient besoin de recruter, elles ont donc dû augmenter de façon significative les salaires", détaille François Lenglet, spécialiste économie de TF1.

Chez les fonctionnaires aussi, la hausse du Smic écrase la grille des salaires. Une réforme complète de la rémunération des agents est prévue dans les prochains mois.


La rédaction de TF1info | Reportage T. Jarrion, V. David, M. Pernet, D. Pires

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