La semaine dernière, des dépôts pétroliers de l'île ont été bloqués par des agriculteurs pour dénoncer l'explosion des prix du carburant.
Conséquence directe, le carburant est rationné en Corse jusqu'à jeudi afin d'éviter une pénurie généralisée.
Le JT de TF1 s'est rendu sur place.

Une mesure provisoire mais contraignante pour les automobilistes et camionneurs de l'Île de Beauté. Depuis quatre jours, la consommation à la pompe est limitée en Corse : 20 litres pour l'essence et 30 litres pour le gasoil. Pour les poids lourds, le volume autorisé est de 50 litres de gasoil par jour. "C'est contraignant, c'est sûr. Mais après si c'est comme ça et qu'on n'a pas le choix, on s'adapte et puis voilà", souligne une automobiliste au micro de TF1. S'adapter signifie notamment revenir à la pompe plus souvent. "Cela va faire trois fois cette semaine, au lieu d'une fois" habituellement, peste un local. 

Une mesure en vigueur jusqu'à jeudi... au moins

Cette décision, prise par la préfecture, fait suite au blocage des deux dépôts pétroliers d'Ajaccio et Lucciana, la semaine dernière. Même si, depuis, ils ont été débloqués, "les stocks de carburant des deux dépôts [...] ont rapidement diminué", "compte tenu des niveaux très importants de consommation constatés ces derniers jours", ont indiqué les préfectures de Haute-Corse et Corse-du-Sud dans un communiqué commun. Outre le rationnement des pleins de carburant, les autorités ont aussi décidé que les stations-services cesseraient "toute distribution de carburant dès lors qu'il ne leur restera que 25% du stock disponible à la pompe". Le tout afin de garantir l'approvisionnement des usagers prioritaires. 

Certains usagers, pourtant, jouent avec la règle. "Je fais toutes les stations", s'exclame en riant une conductrice. "Si vous voulez, vous faites 20 litres ici. Vous allez à la station d'à côté, vous faites encore 20 litres. Donc, je pense que le fonctionnement du rationnement n'est pas bien fait", explique, de son côté, un motard. 

La consommation reste limitée jusqu'à jeudi. Il ne devrait, en effet, pas y avoir de retour à la normale avant la fin de semaine. Les livraisons de carburants ont repris, mais les niveaux restent encore assez bas. "En temps habituel, c'est une remorque de 34.000 litres. Là, il n'y a que quatre mille aujourd'hui", note un gérant d'une station-service. 

Ces perturbations pourraient perdurer, les agriculteurs ayant déjà prévenu qu'ils pourraient, une nouvelle fois, bloquer les dépôts pétroliers cette semaine.


M.G | Reportage TF1 Julien Cressens, David Bordier

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