Guerre en Ukraine : un séisme pour l'économie mondiale

VIDÉO - Agriculture : la fin des jachères, forcément synonyme d'une production accrue ?

La rédaction de TF1info | Reportage C. Adriaens-Allemand, X. Boucher
Publié le 25 mars 2022 à 15h05
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l'Union européenne autorise désormais la mise en culture des jachères.
Objectif : compenser la baisse de la production mondiale de céréales.
Les agriculteurs français exploiteront-ils cette mesure ?

Alexandre Plateau est agriculteur depuis cinq ans. À la tête d'un troupeau de 120 vaches, il cultive aussi des céréales. Pour lui, l'autorisation donnée par Bruxelles d'utiliser les jachères est une bonne nouvelle. Cette parcelle supplémentaire à exploiter "peut être valorisée, on va pouvoir soit y faire pâturer des animaux, soit faire une ou deux fauches dans l'année, ce qui va nous permettre de reconstituer des stocks", explique-t-il. 

Ces fauches supplémentaires lui étaient jusqu'alors interdites, car la jachère est par définition une terre non cultivée, non fauchée et non traitée. "On pourra envisager, par exemple si je ne la valorisais pas sur mon élevage, qu'il pourrait y être cultivé du tournesol", ajoute l'agriculteur.

"Aujourd'hui, je ne remettrai pas en culture"

Pour certains de ses confrères, semer de nouveau paraît donc possible. Pour beaucoup d'autres, en revanche, cela paraît plus compliqué. "Aujourd'hui, je ne remettrai pas en culture", assure ainsi Sylvain Marcuard, éleveur à Cormainville (Eure-et-Loir). En effet, si d'ordinaire certaines terres sont placées en jachère, c'est pour faire respirer les sols et être en règle pour obtenir les subventions de la PAC. Mais c'est aussi pour des questions de rendement.

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"Si on a mis en jachère, c'est qu'il y a des raisons : soit trop de cailloux, une parcelle trop biscornue, compliquée à travailler, etc. On court un peu tous après le temps, donc parfois, on se simplifie un peu le travail en mettant des jachères un peu à droite, à gauche", précise Sylvain Marcuard. Et quand bien même certaines parcelles seraient plus favorables, reprendre une terre et semer de nouveau ne s'improvise pas. "Ça se prépare et ça se travaille. Là, je suis déjà en train de réfléchir à l'assolement de l'année prochaine", lance poursuit l'éleveur.

En Europe, près de 4 millions d'hectares de jachères seraient potentiellement mobilisables pour la culture.


La rédaction de TF1info | Reportage C. Adriaens-Allemand, X. Boucher

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