Météo capricieuse et pénurie de saisonniers : l’inquiétude des cultivateurs d'asperges

par La rédaction de TF1 Reportage - Hortense Villatte, Christophe Brousseau
Publié le 12 avril 2024 à 11h46

Source : JT 20h Semaine

Vendues huit euros le kilo et parfois beaucoup plus, les asperges blanches sont les plus chères mais aussi les meilleures.
Ce légume de printemps est une très bonne source de revenus pour les agriculteurs, mais il demande une main-d'œuvre abondante, très difficile à trouver.
Une difficulté qui s'ajoute à d'autres, telles que la météo capricieuse et les départs à la retraites, contribuant à faire diminuer le volume de production.

La période de récolte des asperges a débuté mais pour les agriculteurs, elle ne s'annonce pas aussi bonne qu’espérée. "Entre les moments de grosses pluie, le froid qui revient et les grosses chaleurs, on a passé la moitié de notre objectif", explique dans le reportage en tête de cet article Arthur Zamanski, producteur d'asperges  au sein de l'EARL de l'Estalet à Sabres (Landes). Tout n'est pour autant pas perdu et il n'est pas question de baisser les bras. "La récolte va se dérouler pendant trois mois, trois mois et demi où on va récolter six jours sur sept et où on peut faire pas mal d'heures", poursuit ce dernier.

Cette cadence importante couplée à des gestes techniques, pour récolter ses seize hectares d’asperges, implique pour le producteur de faire appel à beaucoup de main-d'œuvre. Mais depuis quelques années, il est difficile, voire impossible, de trouver des ramasseurs français. "J'ai quinze personnes dans les champs qui ramassent, une Française et  quatorze Equatoriens", illustre Arthur Zamanski.

Luis, d’origine équatorienne et vivant en Espagne y fait sa première saison. Cette pénurie de main-d’œuvre fait ses affaires.  "Ici en France, on peut gagner plus d'argent qu'en Espagne autour de 800, 900 euros de plus par mois", explique-t-il.

Météo capricieuse, difficulté à recruter, départ en retraite, terre mise au repos... sous l'effet de plusieurs facteurs défavorables, l’an dernier, la surface de production de l’asperge AOP de France a diminué de 7%. Selon Lucie Gemain, travaillant pour une coopérative agricole landaise, ces difficultés pourraient avoir de lourdes conséquences. "Pour maintenir notre volume de production qui est autour de 1500 tonnes, nous ce qu'on cherche c'est à implanter tous les ans 40 hectares donc installer deux jeunes par an, sinon d'ici trois ans notre production peut baisser de 30%", explique-t-elle, soulignant que dans ce contexte, la coopérative cherche des candidats à l’installation. A titre de repère, au plus fort de la saison, le prix payé au producteur est en moyenne de dix euros le kilo.


La rédaction de TF1 Reportage - Hortense Villatte, Christophe Brousseau

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