Guerre en Ukraine : un séisme pour l'économie mondiale

Les multinationales sous pression en Russie : la mise au point de François Lenglet

François Lenglet
Publié le 5 avril 2022 à 10h10
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les multinationales occidentales ont longtemps cru qu’elles pouvaient totalement s’exonérer, prendre position pour tel ou tel régime, pour tel ou tel conflit.
Finalement, ce ne sera sans doute plus possible à l’avenir, explique François Lenglet, spécialiste économie de TF1.

Pour répondre aux sanctions économiques qui frappent le pays, Moscou pourrait nationaliser des centaines d'avions de ligne qui volaient pour des compagnies aériennes russes mais appartenaient en fait à des entreprises occidentales spécialisées dans la location. En tout, 520 appareils sont concernés, pour une valeur de 10 à 15 milliards de dollars. Et il n’y a pas que ce risque de confiscation. 

Toutes les grandes entreprises qui travaillent ou travaillaient en Russie (Renault, TotalEnergies, groupe Mulliez...) sont désormais soumises à une forte pression pour la quitter. Une pression politique mais aussi de l’opinion publique.

Leur mésaventure nous rappelle que la vie des affaires ne peut pas s’affranchir de la politique. Parce que comme toutes les activités humaines, l’économie entre dans le champ de la morale. On pensait le contraire lorsque les multinationales avaient planté leur drapeau aux quatre coins du monde. C’est désormais une période révolue.

Nos grandes entreprises auraient tout intérêt à méditer cette leçon russe

Le retour de la guerre en Europe a ramené “à la maison” les entreprises et les investisseurs. L’invasion de l'Ukraine a accéléré une démondialisation que l’économie avait déclenchée. Nos grandes entreprises auraient tout intérêt à méditer cette leçon russe parce qu’elles commercent massivement avec une Chine qui n’est pas un modèle de démocratie et de bienveillance.

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LVMH, le géant français du luxe, a réalisé en Chine près du tiers de ses ventes. Volkswagen, le constructeur auto, a dégagé la moitié de ses profits. Quand Pékin envahira Taïwan ou qu’un nouveau massacre de Tian'anmen se produira, des milliards auront moins d’éclats. 


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