La flambée des prix de l'énergie

VIDÉO - Renationalisation d'EDF : qu'est-ce que ça va changer pour les clients ?

La rédaction de TF1 info | Vidéo : Benoît Christal, Margot Duflot
Publié le 6 juillet 2022 à 22h30, mis à jour le 7 juillet 2022 à 11h27
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L'une des principales annonces faites par Élisabeth Borne ce mercredi concerne EDF.
L'entreprise, déjà détenue à 84% par l'État, va être entièrement (re)nationalisée.
Qu'est-ce qui motive cette décision ? Et surtout, qu'est-ce que cela va changer pour les clients ?

17 ans après l'ouverture du capital d'EDF, et son entrée en bourse, l'État revient en force. Il détenait encore 84% de l'électricien national, des actionnaires privés en possédant 15%, et les salariés 1% : il devrait donc racheter les 16% restants. La Première ministre Elisabeth Borne l'a annoncé ce mercredi dans sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale. Le retour d'EDF dans le giron français permettra-t-il de garantir une électricité moins chère aux particuliers ? Le reportage de TF1 en tête d'article donne quelques éléments de réponse.

L'État décide déjà du tarif réglementé. L'électricité est moins chère en France qu'ailleurs, et le bouclier tarifaire a permis de limiter la hausse des prix à 4% ces derniers mois, pour amortir le choc de la flambée globale des prix de l'énergie, dus pour partie à la guerre en Ukraine. La nationalisation d'EDF permettra tout d'abord de renforcer le contrôle de l'État pour poursuivre cette politique, ce qu'a confirmé le soir même Elisabeth Borne sur TF1 : "Avoir le plein contrôle de cette entreprise et (...) lui donner les marges financières pour les investissements qu'on attend d'elle".

TF1

La chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) Emmanuelle Galichet nous rappelle que "l’État peut avoir une vraie mainmise sur les prix". Il y a moins de concurrence, rappelle cette spécialiste de physique nucléaire, "puisqu'elle est nationalisée. Et il n'y a pas un autre exploitant produisant de l'électricité nucléaire sur le territoire". L'État aurait donc les mains libres pour mener une politique tarifaire interventionniste, qui a permis jusqu'ici d'atténuer les effets de chocs énergétiques extérieurs. 

EDF

Mais cette nationalisation est aussi une question de survie pour EDF. L'entreprise est très endettée, à hauteur de 65 milliards d'euros à la fin de cette année 2022, et avec des investissements colossaux en vue. Dans ces conditions, aucun investisseur privé n'accepterait de recapitaliser l'entreprise. Selon Nicolas Goldberg, spécialiste Énergie pour Colombus Consulting, la renationalisation d'EDF était inévitable, "au vu des pertes qui vont être enregistrées cette année en raison de la faible production nucléaire, mais aussi en raison du bouclier tarifaire - qui est une décision politique".

TF1

Si la nationalisation peut avoir la vertu de protéger les clients français d'EDF, ce sont eux également, comme contribuables cette fois, qui sauveront les comptes du géant de l'énergie, et financeront l'avenir de l'énergie électrique en France. Là aussi, il y avait urgence : les 19 centrales du parc nucléaire français vieillissent, et 12 réacteurs sur 58 sont actuellement arrêtés. Il faudra construire des EPR de deuxième génération et développer les énergies renouvelables. Un plan qui coûtera plusieurs milliards d'euros supplémentaires ces prochaines années.


La rédaction de TF1 info | Vidéo : Benoît Christal, Margot Duflot

Tout
TF1 Info