Les Français face à la pénurie de carburants

Débloquer les livraisons avant de négocier : les grévistes refusent la proposition de TotalEnergies

S.M avec AFP
Publié le 13 octobre 2022 à 7h49
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Cette nuit, les grévistes de chez TotalEnergies ont refusé une proposition de la direction pour lever les blocages de dépôts de carburants.
La direction réclamait ce déblocage comme condition à l'ouverture dans la foulée de négociations salariales.
Dans le même temps, la réquisition des personnels a débuté chez ExxonMobil, en Normandie.

La situation reste au point mort. Après 17 jours de contestations, les grévistes de chez TotalEnergies ont refusé fermement, mercredi soir tard, une proposition de la direction pour lever les blocages de dépôts de carburants jeudi matin, au terme d'une nouvelle réunion au siège de TotalEnergies à la Défense. La direction réclamait ce déblocage comme condition à l'ouverture dans la foulée de négociations salariales. 

"C'est un refus catégorique massif, ils (les salariés) ne veulent pas de cette exigence pour négocier", a déclaré à l'AFP Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité TotalEnergies Europe. TotalEnergies a de son côté confirmé à l'AFP "l'issue négative des discussions de la nuit". Plus tôt dans la journée, la direction avait pourtant accepté pour la première fois de recevoir la CGT mercredi. Jusqu'à présent, elle exigeait comme préalable la levée des blocages pour voir le deuxième syndicat du groupe.

Réquisitions des personnels en Normandie

Dans le même temps, comme annoncé par la Première ministre Elisabeth Borne, le ministère de la Transition énergétique a lancé la réquisition des personnels indispensables au fonctionnement du dépôt de carburants de la raffinerie d'ExxonMobil Port-Jérôme/Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime), une décision jugée "scandaleuse" par la CGT. L'arrêté a été notifié par le directeur du site à quatre salariés, deux pour mercredi et deux pour jeudi, qui se verront contraints de venir rouvrir les vannes, sous peine de sanctions pénales. 

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La réquisition, qui ne vise pas la production de carburant, "va permettre d’assurer l’expédition des produits", "normalement aujourd’hui vers la région parisienne" par oléoduc, a précisé mercredi une porte-parole d’Esso France. Les grévistes du dépôt de Flandres de TotalEnergies, près de Dunkerque, seront les prochains à en faire l'objet, a assuré le gouvernement. Emmanuel Macron a quant lui prévu un retour de la normale dans la distribution de carburants "dans le courant de la semaine qui vient", lors d'un entretien sur France 2 mercredi soir. 

Chez Esso, un accord a été signé avec deux syndicats majoritaires dont la CFDT, mais pas avec la CGT. La grève continuait dans ses deux raffineries. Chez TotalEnergies, la grève dure depuis le 27 septembre dans quatre de ses raffineries et dépôts. FO, quatrième syndicat parmi les salariés du raffinage chez TotalEnergies, a par ailleurs rejoint la grève. Pour l'heure, les pénuries se prolongent, malgré la promesse d'amélioration du gouvernement.


S.M avec AFP

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