VIDÉO - Pourquoi la baisse des prix alimentaires ne se traduit pas dans les supermarchés ?

par M.G
Publié le 10 avril 2023 à 11h57

Source : TF1 Info

Depuis un an, les prix des produits alimentaires reculent très rapidement.
Selon l'indice de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ils ont baissé de plus de 20% en l'espace de douze mois.
Pourtant, cette tendance ne se retrouve pas sur les tickets de caisse des Français.

Après le pic constaté en mars 2022, les prix de l'alimentaire ont chuté. L'indice de l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui fait foi en la matière, s'est établi à 126,9 points en mars 2023. C'est moins qu'en février dernier (-2,8 points, soit -2,1%). Il s'agit du douzième consécutif qu'une baisse est constatée. En l'espace d'un an, l'indice FAO - qui mesure la variation des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires de base - a reculé de 32,8 points, soit 20,5%. Dans le détail, la chute des prix sur le marché des céréales et des huiles alimentaires surpasse largement la légère hausse sur ceux du sucre, du beurre et de la viande bovine. 

Les prix sont sanctuarisés
Pascal Perri

Cette tendance s'explique par plusieurs facteurs. La crise du Covid-19 étant définitivement derrière nous, le rapport entre demandes d'importations et disponibilité des stocks est moins déséquilibré. En d'autres termes, l'offre est suffisante pour satisfaire la demande, ce qui entraîne une baisse des prix. "La prolongation de l’Initiative céréalière de la mer Noire, qui permet à l’Ukraine de continuer à exporter depuis ses ports, a aussi contribué à ce déclin", note la FAO

Pour autant, cette amélioration conjoncturelle ne se retrouve pas vraiment sur le ticket de caisse des consommateurs français. Cette décote ne se retranscrit pas, en effet, dans les supermarchés de l'Hexagone. Cela s'explique surtout par la rigidité des contrats signés entre industriels et distributeurs. Ces derniers "signent des contrats à terme pour se garantir l’accès la matière première et un prix. Les prix sont sanctuarisés", explique Pascal Perri, éditorialiste économique sur LCI. "Cela neutralise la volatilité à la hausse, mais aussi à la baisse", ajoute-t-il. Une variation des prix sur les grands marchés met donc du temps à se répercuter sur les consommateurs, dans un sens comme dans l'autre. 

Le modèle des négociations avec les industriels, qui se tiennent une fois pour toute l'année, constitue également la principale cause de ce statu quo pour Dominique Schelcher, président de système U. "Si entretemps les cours baissent, on ne peut pas répercuter la baisse des prix", souligne-t-il, au micro de TF1. 

Industriels et distributeurs vont-ils jouer le jeu ?

Néanmoins, les choses pourraient prochainement changer si Bruno Le Maire obtient, au mois de mai prochain, la renégociation, qu'il appelle de ses vœux, entre les distributeurs et les industriels. Le ministre de l'Économie espère, en plus, intégrer une clause de revoyure dans les futurs contrats pour permettre de réagir plus vite aux fluctuations des tarifs. "On peut soupçonner qu'industriels et distributeurs vont avoir envie de rester accrochés" à ces nouveaux prix de référence, met tout de même en garde Laura Boukobza, fondatrice de LBK consulting. 

Une chose est sûre, en cas d'accord pour des contrats réévalués à la baisse, l'impact sur le portefeuille des ménages pourrait, cette fois, se faire rapidement sentir. 


M.G

Tout
TF1 Info