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VIDÉO - Alimentation : les secrets des déstockeurs pour casser les prix

Léa Tintillier | Reportage vidéo Fabien Chadeau, Julien Clouzeau
Publié le 24 mars 2022 à 14h32
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les déstockeurs alimentaires cassent les prix pour attirer les clients.
Quels sont leurs secrets ?
Le 20H de TF1 a mené l'enquête.

Du saucisson artisanal à 2,75 euros, de la bavette de bœuf à 12,90 euros, du saumon bio à 3 euros les quatre tranches… Dans le magasin de déstockage alimentaire de François Pin, en périphérie de Chambéry, les prix sont de 20 à 50% moins chers. 

Ici, la marchandise n’est pas mise dans des rayons comme en grande surface mais directement exposée sur des palettes. D’une semaine à l’autre, les références changent. Les clients ne font pas de liste de courses avant de venir, ils ne savent pas à l’avance ce qu’ils vont trouver. Quel est donc le secret du patron pour proposer tous ces produits à des prix aussi bas ? 

Des invendus de ses fournisseurs

La première astuce de François Pin est d’acheter des invendus. Ce jour-là, il a rendez-vous dans une charcuterie industrielle locale qui le fournit régulièrement. Le déstockeur ne choisit pas les produits. Son fournisseur lui propose des saucissons qui doivent impérativement être mangés dans les trois semaines. Il n’a pas réussi à écouler ses stocks dans la grande distribution, qui devait les vendre entre 4 et 4,20 euros pièce. En raison de la date limite de consommation restreinte, François Pin vendra ces saucissons entre 2,75 et 3 euros pour attirer les clients. 

Il achète 200 kilos de saucissons au charcutier, qu’il vendra donc 30% moins cher. Le responsable explique qu’il a beaucoup moins de frais que les grandes surfaces pour faire tourner son entreprise. "On a très peu d’employés dans les magasins. Il y a entre trois et quatre personnes par magasin donc les charges ne sont absolument pas les mêmes. Et puis, on met le produit en rayon en carton donc il n’y a pas du tout de merchandising ni de mise en place. On fait des économies sur tout ce qu’on peut", dévoile-t-il dans le reportage du 20h de TF1 en tête de cet article. Le charcutier y trouve lui aussi son intérêt. Certes, il vend sa production à bas prix mais au moins, il ne la jette pas. 

Des produits frais pas loin d'être périmés

Le déstockeur essaye de proposer une grande variété de produits pour ses clients. Les produits frais sont tout aussi importants. Alors, pour se fournir, il choisit des produits dont la date de péremption est proche. Le grossiste en fruits et légumes dispose de bananes trop mûres pour être vendues en grande surface. Elles devront être écoulées dans les trois jours. "C’est François qui va me faire le prix. Il va me dire ‘je l’ai vendu tel prix’ et il va prendre sa marge", explique Alain Husni, le grossiste. François ne paiera au fournisseur que les bananes qu’il aura vendues. S’il reste du stock, elles seront détruites. 

Acheter en gros à l’étranger

Pour proposer des prix bas, François Pin achète aussi des produits de grande consommation à l’étranger, en gros. Il passe des commandes groupées avec un autre grossiste comme lui. Ainsi, ils prévoient d’affréter deux semi-remorques de Coca-Cola venant de Pologne. "Contrairement à la grande surface, on est lié à aucun contrat donc on peut acheter le coca ou d’autres produits où on veut et donc là, on va acheter un produit d’import des pays de l’Est qui nous permet de l’avoir beaucoup moins cher", indique-t-il. 

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Le déstockeur ne dira pas combien il a acheté son coca de Pologne. Il le vendra 87 centimes le litre contre 1,10 euro en grande distribution. Cette année, le propriétaire va ouvrir un troisième magasin dans la région. Il espère arriver à cinq dans cinq ans. 


Léa Tintillier | Reportage vidéo Fabien Chadeau, Julien Clouzeau

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