Le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé ce dimanche un durcissement des règles de l'assurance chômage.
Selon le gouvernement, la générosité de la France serait responsable d'un taux de demandeurs d'emploi plus élevé qu'ailleurs en Europe.
Notre système français est-il vraiment plus généreux que celui de nos voisins ?

Trop d'indemnisations ou pas assez ? Les Français que TF1 interroge dans le reportage du JT de 13H à voir ci-dessus sont globalement partagés concernant le durcissement à venir, annoncé dimanche par Gabriel Attal, des règles de l’assurance chômage. "Ça peut être plus incitatif, mais il ne faudrait pas que ce soit trop restrictif non plus", synthétise un passant à notre micro. "Aujourd’hui, vous pouvez être indemnisé au chômage jusqu’à 18 mois, c’est plus que dans beaucoup de pays", arguait pour sa part, fin mars sur notre antenne, le Premier ministre, affirmant que cette réforme vise à obtenir "des conditions d’affiliation similaires à celles de nos principaux voisins"

Capture d'écran TF1

Alors, notre système est-il réellement plus généreux que ceux des autres pays d’Europe ? Avec la réforme à venir, la durée d'indemnisation passera, en France, à 15 mois maximum. À titre de comparaison, elle est de 24 mois en Italie, de 12 mois en Allemagne et… illimitée en Belgique. Quid de l’accès à l’assurance chômage, conditionné, dans la plupart des cas, à une durée minimale de travail ? Chez nous, il faudra bientôt avoir été en activité durant au moins 8 mois sur les 20 derniers, alors que c'est seulement  mois en Italie, 12 en Allemagne ou en Belgique, et ce, à chaque fois sur une période plus longue.

Capture d'écran TF1

Le montant des indemnisations restera, lui, inchangé en France : 1.033 euros par mois en moyenne, pour une part de salaire conservé à hauteur de 66%, ce qui nous situe… pile-poil dans la moyenne européenne, s’élevant à 67%. Il convient cependant de préciser que la dégressivité, ou non, des allocations, ou encore les montants à partir desquels les pays les plafonnent, ou non, rendent toutes ces comparaisons particulièrement complexes.

Ainsi, Bertrand Martinot, expert associé à l’institut Montaigne, spécialiste du marché du travail, cité par Capital, se montre catégorique : "Aucun pays ne surpasse les autres sur l’intégralité des critères." Mathieu Plane, économiste à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), ajoute, au micro de TF1 : "Le facteur de la dureté des règles de l’assurance chômage ne peut pas être le seul déterminant des conditions de retour au plein emploi. Il y a des pays beaucoup plus généreux que nous, comme le Danemark et les Pays-Bas, qui ont aussi un taux de chômage très bas."


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Matthieu Poissonnet, Antoine Silberman

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