Grève du 19 janvier : les stations-service vont-elles à nouveau connaître des pénuries ?

par Emilie ROUSSEY
Publié le 16 janvier 2023 à 15h55, mis à jour le 16 janvier 2023 à 18h00

Source : JT 20h Semaine

La branche pétrole de la CGT a annoncé rejoindre le mouvement de grève du 19 janvier contre la réforme des retraites du gouvernement.
Plusieurs stations-services connaissent déjà des ruptures de stocks.
Mais selon le gouvernement, ceux-ci "ont été reconstitués" depuis l'automne dernier, quand le pays avait été paralysé par des pénuries.

Les files d'attente vont-elles à nouveau s'allonger devant les stations-service, comme à l'automne dernier ? La question se pose alors que des grèves interprofessionnelles massives sont prévues ce jeudi contre le projet de réforme des retraites présenté par Elisabeth Borne le 10 janvier. 

Le syndicat CGT de la branche pétrole a en effet annoncé 24 heures de grève le 19 janvier, suivies de 48 heures de grève le 26 janvier, et une nouvelle mobilisation de 72 heures le 6 février avec "si nécessaire l'arrêt des installations de raffinage". Ce mouvement de grève entraînera des "baisses de débit" et des arrêts dans l'expédition des carburants, a précisé à l'AFP Eric Sellini, coordinateur national du syndicat pour TotalEnergies. 

De son côté, le secrétaire général de la CFDT Laurent Bergé a indiqué sur franceinfo que la branche du pétrole de son syndicat "n'a pas appelé à bloquer les raffineries pour l'instant".

Déjà des ruptures de stocks dans certaines stations

Plusieurs stations semblent déjà connaître des ruptures de stock, trois jours avant le début de la mobilisation. Des sites permettent en effet de consulter les carburants disponibles dans chaque station et de constater que certaines notent des manques. 

Les sites de l'Etat et de TotalEnergies indiquent par exemple que plusieurs stations services d'Île-de-France connaissent des ruptures de stock de sans plomb 95 et 98 ou encore de GPL. Même constat dans les agglomérations lilloise, bordelaise, ou lyonnaise, par exemple.

En tout, c'est quelque 3,75% des stations-service françaises qui étaient à court soit d'essence, soit de gazole le 16 janvier au matin. Cette moyenne nationale masque des disparités régionales : près d'une station sur cinq était affectée lundi dans les Yvelines (18%) et plus d'une sur dix (13%) dans le Pas-de-Calais. Dans ces deux départements, 5% des stations étaient à sec, c'est-à-dire n'avaient ni gazole, ni essence. Dans quatre autres départements (Hauts-de-Seine, Loir-et-Cher, Mayenne et Essonne), des pénuries de carburant affectent entre 10 et 11% des stations.

Certains acteurs du secteur se sont pourtant montrés rassurants. Francis Pousse, président national du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5800 stations traditionnelles, a indiqué sur France Bleu que les stations ont "un mois de stock". "Après cette crise d'octobre, on a eu de multiples réunions de façon à optimiser au mieux la logistique pétrolière. L'ensemble des stocks stratégiques a été reconditionné et une raffinerie ne s'arrête pas non plus en une journée ou en deux jours. Nous avons virtuellement un mois de stock de carburant" a-t-il indiqué, invitant les automobilistes à éviter de faire "des pleins de précaution". 

Seulement "une journée" de mobilisation?

Même son de cloche du côté du gouvernement. La ministre de la Transition énergétique a affirmé sur franceinfo vendredi que des "stocks de carburants existent et ont été reconstitués". Agnès Pannier-Runacher a aussi estimé que la mobilisation syndicale du 19 janvier "tiendra une journée" et "qu'on n'est pas du tout dans la situation de l'automne dernier". La Première ministre Elisabeth Borne a de son côté appelé jeudi les grévistes à "ne pas pénaliser les Français" et les syndicats à la "responsabilité".

Une vaste mobilisation des salariés des raffineries et des dépôts de pétrole avait provoqué d'importantes difficultés d'approvisionnement en carburant. 


Emilie ROUSSEY

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