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Relocalisation : le retour du lin dans le nord

Publié le 25 juin 2022 à 20h24, mis à jour le 25 juin 2022 à 22h52
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le lin semble en train de retrouver ses lettres de noblesse. Mais la filière française, quasiment abandonnée il y a plusieurs décennies, doit actuellement se réinventer complètement. Les Polonais nous aident à relocaliser cette industrie.

Olivier Guillaume, directeur de Safilin à Béthune (Pas-de-Calais) a dû attendre 17 ans pour que ces longs rubans de lin soient à nouveau filés dans les Hauts-de-France sur leur terre d'origine. Pièce par pièce, les ouvriers remontent un mécano géant, car les machines reviennent de loin.

Au milieu des années 1990, l'industrie du textile est en pleine crise. Pour redresser les comptes et diminuer les coûts de production, il a fallu supprimer 200 postes. Les filatures françaises ferment une à une. Pour sauver son entreprise, Safilin a fait alors le choix de la délocalisation et s'installe en Pologne.

Actuellement, face à une demande grandissante pour le made in France, le groupe familial a fait le pari d'un retour dans l'Hexagone. Un défi, car c'est toute une industrie qui avait disparu. L'usine polonaise n'a pas fermé, mais quelques ouvrières viennent transmettre leur savoir-faire. Des nouvelles recrues ont signé un CDI et 50 emplois seront créés d'ici 2024, de quoi redynamiser tout un secteur.

À seulement 40 km de la nouvelle filature, l'entreprise de textile Lemahieu fabrique toute une gamme à base de lin. Auparavant, elle achetait ces bobines de fil en Pologne ou en Chine. Se réapprovisionner en France est un moyen de garantir à ses clients une plus grande traçabilité. Un tee-shirt vendu 5 euros plus chers avec une matière première 100% locale. La France est d'ailleurs le plus gros producteur mondial de lin. Cette plante pousse traditionnellement dans le nord-ouest.

En ce moment, 70% de la production de la Ferme du Bohème à Angiens (Seine-Maritime), par exemple, est envoyée en Asie et vendue à prix d'or. Le lin est deux fois plus rémunérateur que le blé. Alors, la relocalisation est surtout une manière de valoriser son terroir et redonner du sens, d'autant que le lin a de grandes qualités environnementale. Il n'a besoin ni de pesticide ni d'irrigation. Il pousse grâce à un climat à la fois arrosé et ensoleillé. Un argument de plus pour une production 100% française.

TF1 | Reportage A. Barth, Q. Danjou


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