Emmanuel Macron rencontre ce lundi des dizaines de chefs d'entreprises étrangères dans le cadre du sommet "Choose France".
Le but est d'inciter ces firmes à accroitre leurs investissements dans l'Hexagone.
D'ailleurs, plusieurs projets industriels de grande ampleur devraient être annoncés à cette occasion.

Favoriser l'arrivée de capitaux étrangers pour doper une croissance atone. Ce lundi, Emmanuel Macron reçoit au château de Versailles des dizaines de chefs d’entreprise pour le sommet "Choose France". Un tiers des quelque 180 patrons étrangers conviés sont nouveaux, et la moitié d'entre eux viennent de pays extérieurs à l'Union européenne, s'est félicité l'Élysée. Une soixantaine de patrons français seront aussi de la partie. 

Pour cette huitième édition, un nombre record d'annonces est attendu, avec à la clé de "très grands projets", comme l'a indiqué mardi Gabriel Attal aux députés. "Ce qui est intéressant, c'est de voir la confirmation des investissements anglo-saxons, mais aussi le déploiement des investisseurs financiers en dehors de pays anglo-saxons", a commenté Bruno Le Maire, lors d'une conversation téléphonique avec la presse. 

L'année de tous les records ?

L'exécutif a d'ores et déjà levé le voile sur plusieurs de ces programmes dans des secteurs stratégiques comme l'énergie, la finance ou encore l'aéronautique. La zone industrielle de Fos-sur-mer s’apprête, par exemple, à accueillir une toute nouvelle usine. Cette fois, il ne s’agit pas de pétrole, mais d’énergie renouvelable, une "gigafactory" de production de panneaux photovoltaïques. En l'occurrence, c’est une startup française qui va investir 1,6 milliard d’euros. Le site produira chaque année 22 millions de panneaux voltaïques. Selon la direction, cela va permettre de créer 3000 emplois, avec 9000 autres postes plus indirects. "C’est bien pour les jeunes. Ça va faire du travail", commente un habitant au micro de TF1. "Ça apporte du travail et puis ce n’est pas trop polluant", renchérit un autre.

Par ailleurs, une potentielle usine d'engrais du consortium européen FertigHy pourrait voir le jour à Languevoisin-Quiquery

(Somme). Le groupe envisage, selon Roland Lescure dans la Tribune du Dimanche, d'investir 1,3 milliard d'euros pour cette manufacture qui produirait des engrais azotés sans utiliser de gaz naturel. L'idée serait de remplacer cet élément par de l'hydrogène extrait de l'eau. La décision finale concernant l'avenir ces projets d'infrastructures est attendue fin 2026. 

Ressources clés et aéronautique

Autre exemple parlant, et dont l'avenir est déjà beaucoup plus certain, celui de la création d'une usine de raffinage de nickel sur les communes de Blanquefort et Parempuyre (Nouvelle Aquitaine) par l'entreprise KL1, basée en Suisse. La firme a prévu une enveloppe de 300 millions d'euros, pour 200 emplois, a détaillé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. Le début de l'activité est attendu pour 2027.

Parmi d'autres projets notables, notamment dans le secteur bancaire, on retrouve aussi une future usine aéronautique. La société allemande Lilium veut construire "un site qui reste à déterminer mais qui sera en Nouvelle Aquitaine", a souligné l'ancien député UMP de l'Eure. Cette fabrique permettrait de "produire un avion régional électrique et le reconditionnement des batteries de cet avion régional électrique". "L'investissement se monte à 400 millions d'euros, représente 850 emplois et l'entrée en service de l'usine est prévue en 2026", a poursuivi le locataire de Bercy. 

Pfizer et AstraZeneca accélèrent

Par ailleurs, le laboratoire Pfizer veut consacrer 500 millions d'euros sur cinq ans au développement des collaborations en matière de recherche et d'essais cliniques dans les thérapies anticancéreuses et l'hématologie. "Notre intention est de significativement accroître la part des sites français dans nos études cliniques internationales majeures en cancérologie", a déclaré Reda Guiha, président de Pfizer en France, cité dans le communiqué. Le groupe souhaite aussi "poursuivre ses investissements dans la fabrication de produits pharmaceutiques en France"

Même son de cloche du côté de son concurrent AstraZeneca, qui mise sur un nouvel investissement de 388 millions de dollars (plus de 360 millions d'euros) pour développer et rendre plus "vert" l'ensemble de la production sur son site de Dunkerque (Nord) dédié aux maladies respiratoires. "Ce nouvel investissement sera notamment dédié à la création de deux nouvelles lignes d'assemblage et d'emballage" ainsi que "de nouveaux bâtiments", avec à la clé "une centaine d'emplois", explique le laboratoire. 

À titre de comparaison, en 2023, 28 projets, représentant 13 milliards d'euros d'investissements étrangers, avaient été dévoilés lors de "Choose France". La même année, et ce n'est sans doute pas une coïncidence, l'Hexagone a été le pays européen qui a attiré le plus d'investissements étrangers. En sept ans, ces injections de capitaux dans le pays ont représenté 32 milliards d'euros. "C’est un marché, le deuxième européen, avec des infrastructures de très bonne qualité et des compétences que le monde entier nous envie. La fiscalité est un petit peu meilleure en France aujourd’hui", commente Marc Lhermitte, associé cabinet Ey, au micro de TF1. Une dynamique que le gouvernement espère bien alimenter. 


M.G | Reportage : Pierre CORRIEU, Matthieu Perrot, Charlotte GERBELOT

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