Le leasing social a permis à 50.000 Français aux revenus modestes de bénéficier d'une voiture électrique à 100 euros par mois.
Mais les concessionnaires automobiles, qui ont avancé l'aide de 13.000 euros promise pour chaque véhicule, n'ont pas vu la couleur des remboursements.
En colère, ils tirent la sonnette d'alarme.

Cela fait deux mois que ce concessionnaire Peugeot de Vernouillet (Eure-et-Loir) attend désespérément d'être remboursé par l'État. "C'est la nouvelle  e-208 éligible au leasing social, montre-t-il dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus. Nous avons écoulé 70 modèles." Pour chaque véhicule, il a dû avancer 13.000 euros, le montant de l'aide prévue par le gouvernement pour permettre aux ménages les plus modestes de s'équiper d'une voiture électrique pour 100 euros par mois, voire moins. "J'ai 910.000  euros dehors, à récupérer, je ne suis toujours pas remboursé", se désole Gurtac Sarac. 

Une situation intenable, qui ne lui a pas laissé le choix : pour ne pas mettre la clé sous la porte, le concessionnaire a dû contracter un prêt, avec un taux d'intérêt de 5%. "J'ai 48 salariés aujourd'hui, donc ça me fait peur", dit-il. Et il est loin d'être le seul professionnel concerné. Au total, l'État doit 100 millions d'euros aux concessionnaires dans le cadre du leasing social, pour la plupart des marques du groupe Stellantis, celles-ci ayant vendu à elles seules 38.000 des 50.000 véhicules écoulés via le dispositif gouvernemental.

Le gouvernement évoque un retard à l'allumage

Cette semaine, la principale association du secteur a fait part de son mécontentement dans un courrier adressé au ministre de l’Économie Bruno Le Maire. "On ne peut pas continuer à avancer des bonus pour le compte des clients si on n'a pas une réponse satisfaisante en termes d'engagement et de délais de paiement de l'État", prévient Marc Bruschet, président de la branche concessionnaires de l'organisation patronale Mobilians, face à notre caméra.

Conséquence, il pourrait y avoir des retards sur la livraison des derniers véhicules commandés grâce au leasing social, alors que le dispositif doit être doublé en 2025. De son côté, le gouvernement évoque un retard à l'allumage : "Les points de blocage ont bien été identifiés, il s'agit des premières livraisons. L'ouverture du dispositif 2025 prendra en compte le retour d'expérience de cette année", assure le ministère de la Transition écologique. 

Selon Les Echos, tout vient d'un problème informatique de l'Agence des services et des paiements (l'ASP), chargée d'effectuer les remboursements : "Le hic, explique le quotidien économique, c'est que l'interface informatique entre l'ASP et les concessionnaires est à bout de souffle. L'agence a fait savoir au début de l'année qu'elle nécessitait des mises à jour avant d'être à nouveau opérationnelle".  

Les concessions devraient commencer à recevoir les remboursements début juin. 


La rédaction de TF1info | Reportage Matthias Beringer, Guillaume Aguerre, Cassandre Dewagenaere

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