Bruno Le Maire va convoquer Jean-Pierre Farandou, après la signature d'un accord sur les fins de carrières à la SNCF.
Pour le gouvernement, c'est un contournement de la réforme des retraites, avec la question : qui va les financer ?

L'accord a été conclu fin avril, et devrait permettre aux agents de la SNCF de partir plus tôt à la retraite. Mais à Bercy, cela ne passe pas. Bruno Le Maire dénonce un contournement de la réforme des retraites. "Cet accord n'est pas satisfaisant à mes yeux. Il y a eu un dysfonctionnement. Il pose des problèmes financiers", a déclaré le ministre de l'Économie et des Finances sur BFMTV.

C'est un accord qui est bon, qui est juste
Thomas Cavel, secrétaire nationale de la CFDT Cheminots

L'accord prévoit un départ anticipé à la retraite quinze mois plus tôt, qui seront payés à 75% par la SNCF. Il est même encore plus avantageux pour les contrôleurs et les cheminots, qui partiront 18 mois plus tôt. Pour les syndicats, c'est une avancée sociale avec la reconnaissance de leur pénibilité, notamment pour le travail de nuit. "C'est un accord qui est bon, qui est juste", estime au micro de TF1 Thomas Cavel, secrétaire nationale de la CFDT Cheminots.

Un an après la réforme des retraites, cet accord est-il légal ? Cette exception était bien prévue dans la loi d'avril 2023. Des accords similaires ont d'ailleurs été signés chez Michelin, Stellantis, ou encore Renault. Mais un tel dispositif aura un coût pour la SNCF : 35 millions d'euros. Alors qui va payer ? Faut-il craindre une hausse des prix des billets ? "Cet accord n'aura pas d'impact sur les prix de billets de train pour les voyageurs", répond Arnaud Aymé, expert des transports, qui en juge le montant "assez anecdotique par rapport à l'ensemble des coûts de la SNCF". Jean-Pierre Farandou n'a pas encore dit un mot sur cet accord. Le PDG de la SNCF est convoqué la semaine prochaine au ministère de l'Économie.


La rédaction de TF1info | Reportage : Cassandre Dewaegeneire, Mathilde Lopinski

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