Sur les 63 projets de petits réacteurs nucléaires lancés dans le monde, sept sont en cours en France.
Parmi eux, la société Naarea, qui développe un mini-réacteur utilisant comme combustible les déchets nucléaires.

Dans quelques années, un réacteur nucléaire pourrait être suffisamment petit pour tenir dans les bureaux d'une entreprise. C'est ce que vise la société Naarea. "Notre carburant, c'est en fait du plutonium, ce sont des déchets de vie très longue qui sortent des réacteurs actuels", détaille Jean-Luc Alexandre, fondateur de Naarea, dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article.

La promesse de ce projet à plusieurs centaines de millions d'euros : alimenter à partir de 2030 des villes isolées et des usines grâce à de l'énergie nucléaire recyclée. "Je ne me destinais pas du tout à travailler dans le nucléaire, et finalement j'y suis, ça me plaît, et j'apprends plein de choses", explique Charlotte Fontvielle, ingénieure en mécanique et conception au sein de la société. 

On sait à quel point les industriels sont prêts à sauter le pas.
Antoine Guyot, co-fondateur de la start-up Jimmy Energy

63 projets de petits réacteurs nucléaires sont en cours dans le monde, dont 7 rien qu'en France. Au Creusot (Saône-et-Loire), la start-up Jimmy Energy prévoit d'investir 100 millions d'euros pour construire une usine dès le mois de septembre. En deux ans, elle est passée de 2 à 70 salariés, avec pour objectif de produire son premier réacteur fin 2026.

"C'est comme une grosse chaudière qui va permettre de produire de la chaleur et qu'on va utiliser dans certains procédés industriels. Par exemple, pour produire des conserves de légumes dans l'agroalimentaire, pour produire des pneus avec du caoutchouc, ou encore pour venir appliquer la peinture sur les voitures", explique minutieusement Mathilde Grivet, co-fondatrice de Jimmy Energy. 

Ce réacteur produira uniquement de la chaleur, mais pas d'électricité. Le but ? Remplacer le gaz, polluant, chez des dizaines d'industriels en Europe. "On y croit car on a des clients. On sait à quel point les industriels sont prêts à [sauter] le pas tellement le besoin en énergie décarbonée, pas chère et souveraine est nécessaire", explique le co-fondateur Antoine Guyot. 

EDF a également lancé son propre projet de mini-réacteur, haut de 15 mètres. "Il est dix fois moins grand que les réacteurs type EPR. Ce qui est différent dans ce réacteur, c'est qu'on extrait à la fois de l'électricité, mais aussi de la vapeur qui va nous permettre d'alimenter les usages industriels ou de produire de l'hydrogène", explique méthodiquement Renaud Crassous, président exécutif de Nuward (groupe EDF). 

EDF prévoit de construire principalement ce réacteur à l'étranger. "Nous sommes en discussion avec la Pologne, qui veut remplacer ses centrales charbon, mais aussi la Finlande, la Suède, l'Italie, la Belgique, la République Tchèque ou l'Angleterre", énumère Renaud Crassous. L'ensemble de ces projets devront passer par le contrôle très strict de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire), un processus pouvant durer plusieurs années. 


M.T | Reportage TF1 : Pierre Gallaccio, Michael Merle, Etienne Dubois

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