Le 20h

Pourquoi certains produits se font rares dans les rayons des supermarchés

TF1 | Reportage Pierre Corrieu, David Salmon, Anaïs Lebranchu
Publié le 6 avril 2022 à 11h04
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Vous l'avez peut-être remarqué, certains rayons des supermarchés se vident ou se dégarnissent.
Première raison, mais pas la seule : des consommateurs commencent à stocker des produits par peur de manquer ou de devoir payer plus cher d'ici peu.

Comment expliquer que certains produits se rarifient dans les rayons de supermarchés ? Moins garnis que d'ordinaire, voire complètement vides, certains étals de grandes surfaces interpellent en effet les consommateurs, qui redoutent des ruptures de stock liées au conflit russo-ukrainien. Parmi les produits de consommation courante concernés, l'huile de tournesol arrive en premier lieu, la majorité des importations françaises provenant d'Ukraine ou de Russie.

Par peur d'en manquer ou de payer beaucoup plus cher leur bouteille d'ici peu, certains clients n'hésitent pas dans ce contexte à faire le plein. Or, de l'avis des distributeurs, ce sont précisément ces achats anticipés qui expliquent les ruptures de stocks temporaires auxquelles sont déjà confrontées certaines enseignes. 

"Pas de pénurie pour la consommation courante"

"Des consommateurs commencent à surstocker, ce sont eux qui provoquent le non-réassortiment des rayons. La France est quasiment auto-suffisante, sauf pour l'alimentation animale", a ainsi expliqué dimanche Michel-Édouard Leclerc, le patron du distributeur du même nom.  "En France, aujourd'hui, il n'y a pas de pénurie pour la consommation courante et il n'y en aura pas jusqu'à l'été", a-t-il précisé sur BFMTV. Et d'insister : "Des pâtes, il y en a. Pour l'huile de tournesol, elle a été fabriquée avec du tournesol de l'année dernière. Nous avons des stocks d'huile jusqu'au mois de juin."

En revanche, concernant les prix de ce produit, Michel Berio, le patron France des magasins Lidl est, catégorique : ils vont bien augmenter. La hausse est d'ailleurs déjà amorcée puisque le litre est passé de 1,79 euros à 2,10 euros en trois mois, a expliqué dimanche ce dernier dans une interview au Parisien.

Négociations tendues sur les prix

Plus généralement, tous les produits à base de céréales, comme les pâtes ou la farine, pourraient aussi manquer dans certains supermarchés. En cause ? "Des tensions sur les cours des matières premières", explique à TF1, dans la vidéo du 20H en tête de cet article, le spécialiste de la grande distribution Olivier Dauvers "Ces cours se sont envolés en quelques semaines et ponctuellement, il peut y avoir des difficultés à s'approvisionner."  

Dans les rayons des supermarchés, d'autres produits, comme les pots de confitures ou pâtes à tartiner de certaines marques, manquent déjà, mais pour de toutes autres raisons que celles évoquées jusque-là : industriel et distributeur n'arrivent pas à se mettre d'accord sur un prix. 

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Publiés mi-mars, les premiers résultats des dernières enquêtes menées par l'Institut national de la statistique anticipaient déjà qu'au sein de l’alimentaire, les prix pourraient augmenter au cours du mois de 2,1% sur un an, comme en février. À l'instar du pain et de la farine, la hausse des prix des produits alimentaires hors frais, moins volatils et plus sensibles à l’augmentation des prix de production que les produits frais, devrait ainsi continuer d'accélérer.  Mais "l'inflation que vont vivre les Français dans les deux mois qui viennent est la cause d'évènements passés", a estimé le patron des centres Leclerc, qui redoute que "la crise ukrainienne ajoutera une couche cet été si elle perdure et si le blé n'a toujours pas été semé".

Les produits alimentaires ne sont toutefois pas les seuls concernés par l'inflation et le risque de surstockage des consommateurs qui en découle. Le prix du papier toilette va lui aussi "augmenter considérablement" d'ici l'été, a déjà prévenu Michel-Édouard Leclerc. Ce sera d'ailleurs aussi le cas pour les prix des mouchoirs en papier ou de l'essuie-tout, la hausse pouvant même atteindre les 30%, selon nos informations. En cause : le prix de la pâte à papier qui a presque doublé en un an et le prix du gaz utilisé pour faire fonctionner les machines qui vont sécher le papier toilette. 


TF1 | Reportage Pierre Corrieu, David Salmon, Anaïs Lebranchu

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