Taxe sur les ordures ménagères : d'une ville à l'autre, un taux réellement différent ?

Laetitia A.D. | Reportage Guillaume Bertrand, Maude Gatineau, Florence Couturon
Publié le 27 décembre 2022 à 12h41

Source : JT 20h Semaine

Avec les fêtes, plus de déchets s'accumulent dans nos poubelles et le ballet des camions s'accélèrent.
Pour financer ces services, chaque ville fait payer une taxe dont le taux varie radicalement d'une commune à l'autre, du simple au quintuple.
Le 20H de TF1 vous dit ce que vous payez réellement.

C'est un service indispensable en ville : le ramassage d'ordures. Un besoin d'autant plus nécessaire lors des fêtes où un emballage cadeau ne sert que quelques secondes avant d'atterrir dans la poubelle jaune. Des emballages, mais aussi de la nourriture et du verre, qui représentent jusqu'à 30% de déchets supplémentaires entre Noël et le jour de l'An. 

Un phénomène bien connu par les communes, qui ajuste leur taxe en conséquence chaque année. Mais savez-vous vraiment combien cela vous coûte ? Interrogées, beaucoup de personnes n'en savent rien. "Pas du tout, je n'en ai aucune idée à Brest", "Je ne sais pas du tout combien je paye à Paris", "aucune idée à Lille", affirment plusieurs passantes au micro de TF1.

Le 20H de TF1 a mené l'enquête dans le reportage en tête de l'article. Cette taxe est en fait incluse dans la taxe foncière. Elle peut donc passer inaperçue. Et si vous êtes locataire, elle est comprise dans vos charges. 

Une taxe de ramassage qui coûte de 63 à 230 euros selon la ville

Selon l'endroit où vous vivez, cette taxe pour le ramassage d'ordures est très variable. Elle coûte de 63 euros à Brest, à 230 euros à Paris, en passant par Lille où elle est de 156 euros. Brest est donc l'une des villes les moins chères de France. Pourquoi ? L'une des premières raisons est la méthode de collecte des déchets. 

Nos reporters sont allés à la rencontre d'Eric, éboueur brestois. Il s'occupe à lui seul de 80 points de collecte. Une grande partie des containers de déchets sont fixes et enterrés sur place. Il n'y a donc pas de déplacements inutiles pour amener les poubelles jusqu'au camion, donc besoin de moins de personnels et de moins de salaires à verser.

Une fois collectées, les déchets qui ne peuvent pas être recyclés sont emmenés jusqu'à un incinérateur, producteur de chaleur pour la ville. "On réutilise la chaleur produite par l'incinération des ordures ménagères pour chauffer toute une partie de la ville centre. Cette chaleur, elle est revendue à un tarif très compétitif", explique Yann Guével, vice-président en charge des finances de Brest Métropole. Ce réseau alimente l'équivalent de 30.000 logements, et permet à la métropole de Brest de réduire le montant de la taxe. 

Ce dispositif existe aussi à Lille, dans les Hauts-de-France. Pourtant, on paye une taxe bien plus chère dans cette ville, 156 euros en moyenne. Alors pourquoi une telle différence ? La taxe est d'abord calculée à partir de la valeur locative du logement. Plus l'immobilier est cher dans une ville, plus le montant de la taxe est élevé. 

S'ajoute ensuite le service : plus le territoire est étendu, plus il faut parcourir des kilomètres pour ramasser les ordures. Sur ce point, Lille dépasse Brest. À Noël, la métropole du nord doit même faire appel à des intérimaires pour gérer son surplus de déchets.

Dans la capitale, la taxe est de 230 euros par an et par habitant, soit deux fois la moyenne nationale. En 2023, cette taxe sera même encore plus élevée à Paris, comme un peu partout en France. En cause : l'inflation, dans la moitié des communes de l'Hexagone, cette taxe augmentera au moins de 10 %.


Laetitia A.D. | Reportage Guillaume Bertrand, Maude Gatineau, Florence Couturon

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